Autour du hashtag #MonCorpsSurYouTube, des dizaines de YouTubeuses françaises dénoncent la démonétisation de certaines de leur vidéo. Des vidéos qui, pour la plupart, parlent du corps des femmes.

Capture d'écran de la vidéo de Parlons peu, parlons... sur l'endométriose
Capture d'écran de la vidéo de Parlons peu, parlons... sur l'endométriose © YouTube

Depuis quelques semaines, les témoignages de YouTubeuses s'insurgeant contre le géant de la vidéo se multiplient. Certains de leurs contenus sont en effet démonétisés : aucune publicité n’apparaît avant leur vidéo ce qui signifie qu'elles ne sont pas rémunérées même si elles font un très grand nombre de vue. Dernière en date à avoir subi le "couperet" de YouTube une vidéo de Parlons peu, parlons... sur l'Endométriose, maladie qui ronge chaque mois plus de 100 millions de femmes à travers le monde, une vidéo qui mêle humour et pédagogie :

La vidéo a fait plus d'un million de vues mais démonétisée depuis peu, elle ne rapportera plus un euro à ses créatrices Juliette Tresanini et Maud Bettina-Marie. 

Des dizaines de créatrices ont reporté la démonétisation de leur vidéo autour du hashtag #MonCorpsSurYouTube. Là, un documentaire où des femmes se confient sur leur avortement, ici une longue chronique sur l’histoire des menstruations ou encore des épisodes de la websérie "Cher Corps" de Léa Bordier, sont privés de revenus publicitaires. 

L'algorithme de YouTube serait-il un peu prude ? 

En tout cas pas pour TOUS les contenus. Le YouTubeur Julien Ménielle, par exemple, a fait une vidéo sur le pénis : Monétisée! En revanche, il en a fait une autre sur le clitoris : Pas monétisée ! Après réclamation, elle a fini par être aussi monétisée. 

La raison est à chercher ailleurs explique Amélie Coispel, présidente de Les internettes, association dont le but est d'accompagner et de promouvoir les youtubeuses, à l’origine de cette campagne #MonCorpsSurYouTube :

Quand on parle d'éducation sexuelle, de consentement, ou de comment je suis devenue féministe, je ne comprends pas comment l'algorithme peut dire : ça c'est choquant. On a eu une réponse de YouTube qui nous a dit : Les annonceurs sont assez exigeants, et ils ne veulent pas que leurs pubs tombent sur n'importe quel contenu.

Les vidéos sont classées en fonction de leur « risque »  explique un représentant de YouTube France

Les annonceurs décident ensuite dans quelle catégorie ils souhaitent voir apparaître leur publicité. On peut en déduire donc  que l' « avortement », le  « féminisme », ou le « clitoris » sont étiquetés "à risque". 

La plateforme reconnait qu'elle n'est pas infaillible et travaillerait à des ajustements. En attendant, je rappelle à YouTube l’énorme responsabilité qui lui incombe : aujourd’hui beaucoup d’internautes, et particulièrement les jeunes ne s’informent qu’en regardant des vidéos sur YouTube. Ce serait dommage que certains sujets ô combien importants pour l'évolution de la place de la femme dans la société, y deviennent invisibles. 

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