A l'occasion de la rétrospective Gérard Oury, qui vient de débuter à la Cinémathèque, Danièle Thompson, la fille du réalisateur, a choisi de nous parler d'une chanson de Bourvil, "Le Petit bal perdu". Pour elle, c'est aussi une façon de se souvenir de cet acteur, joyeux, extraverti, très différent de Louis de Funès.

Danièle Thompson et Bourvil
Danièle Thompson et Bourvil © Getty

Le cinéma populaire est décidément à l'honneur cette année à la cinémathèque française à Paris : une exposition Louis de Funès et, depuis cette semaine, une rétrospective Gérard Oury, le cinéaste de La Grande Vadrouille, du Corniaud, du Cerveau ou de L'As des As... Frédéric Pommier a rencontré la fille de Gérard Oury, qui défend avec affection et passion son œuvre, la cinéaste Danièle Thompson.

C’est une chanson de 1961 que Danièle Thompson a choisi de nous faire entendre : la chanson "C’était bien", qu’on appelle également "Le Petit bal perdu" ou "Au petit bal perdu". Une chanson écrite pour André Raimbourg, qu’on appelle également... Bourvil. 

Au cœur de cette rétrospective des films de mon père, qui est liée évidemment à cette grande exposition De Funès, j'avais aussi envie de parler un peu de Bourvil, parce qu'il fait partie de cette aventure et parce que c'est un comédien extraordinaire et parce qu'il y avait entre ces trois hommes une dynamique, une entente, une intimité magnifique. 

"Tout à coup, je me suis dit : ben voilà, on va aussi parler d'André, puisqu'il s'appelait André, et de son apport à ces films qu'ils ont faits tous les trois, "Le Corniaud" et "La Grande Vadrouille", qui sont deux des films que les Français adorent et qui doivent aussi beaucoup à Bourvil."

Les films de Gérard Oury continuent de faire des cartons quand ils passent à la télévision. Ce fut le cas pendant la période du confinement. Danièle Thomson en a-t-elle été surprise ? 

"Cela m'a fait très, très, très plaisir, mais ça ne m'a pas vraiment surprise parce que je sais vraiment que le public, en fait, il réagit comme moi qui, Dieu sait, évidemment, connaît les films par cœur." 

Il y a une sorte de grâce qui vous emballe quand on commence à regarder le générique, et puis les premières scènes, et puis on se retrouve à la fin du film et on n'est pas parti ! On se laisse emmener par la musique, par les images, et puis évidemment par le rire...

Alors, dans cette chanson, Bourvil fredonne qu'il ne se souvient plus du nom du bal perdu… Mais Danièle Thompson, elle, se souvient très bien de cet homme délicieux, beaucoup plus expansif que son compagnon de tournage.

"Louis était plutôt un grand bourgeois, qui est d'ailleurs un petit peu le personnage que mon père a cultivé dans ses films, et Bourvil était vraiment quelqu'un qui venait de la campagne. Il y avait un côté bon vivant, extraverti chez Bourvil, qui était quelque chose de très agréable à vivre"

Bourvil était quelqu'un qui racontait sans arrêt des histoires, qui hurlait de rire, qui était un personnage extrêmement joyeux, alors que Louis, qui exprimait cette puissance comique incroyable dès qu'on disait 'moteur', dans la vie c'était quelqu'un de très timide, de très réservé.

Alors, dans cette chanson, Bourvil fredonne qu'il ne se souvient plus du nom du bal perdu (bis)… Mais Danièle Thompson, elle, se souvient très bien qu'au moment de la sortie de ce disque de Bourvil, bon nombre de petits bals avait déjà disparu. 

"C'est une chanson très nostalgique. Déjà, à l'époque, elle était nostalgique, donc elle l'est doublement. J'aime bien la nostalgie. Je n'aime pas les regrets mais j'aime bien la nostalgie. C'est quelque chose qui fait partie de nous, qui fait partie de notre histoire, et d'un autre charme qui, j'espère, n'est pas complètement perdu. 

C'est vrai que c'est une chanson qui est le reflet d'une autre époque, mais c'est un reflet quand même, donc c'est de la lumière.

La rétrospective Gérard Oury à la Cinémathèque française, c’est jusqu’au 25 octobre.

Et l'on peut retrouver les souvenirs de Danièle Thompson dans un très beau livre, _"Gérard Oury, mon père, l'As des As"_, publié l'an dernier aux éditions de La Martinière. 

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