C'est en direct du studio 104 de la Maison de la Radio, et accompagné du pianiste Alexandre Tharaud, que Guillaume Gallienne lit des extraits de l'oeuvre magistrale de Marcel Proust.

Guillaume Gallienne et Alexandre Tharaud sur la scène du studio 104
Guillaume Gallienne et Alexandre Tharaud sur la scène du studio 104 © Radio France / Charlotte Savalle

L’autre soir, étant rentré glacé par la neige, et ne pouvant me réchauffer, comme je m’étais mis à lire dans ma chambre sous la lampe, ma veille cuisinière me proposa de me faire une tasse de thé, dont je ne prends jamais. Et le hasard fit qu’elle m’apporta quelques tranches de pain grillé. Je fis tremper le pain grillé dans la tasse de thé, et au moment où je mis le pain grillé dans ma bouche et où j’eus la sensation de son amollissement contre mon palais, je ressentis un trouble, des odeurs de géraniums, d’orangers, une sensation d’extraordinaire lumière, de bonheur.

 La biscotte n’a pas encore la saveur sensuelle du « petit coquillage de pâtisserie » que sera la madeleine dans La Recherche du temps perdu. Mais vous aurez reconnu ce génie du détail, cet art de la réminiscence, qui font le style inimitable de Marcel Proust.

Il y a dix ans, je faisais mes débuts à la radio, en lisant les pages comiques de La Recherche. Ce soir, je vous invite à remonter aux origines de ce chef-d’œuvre, à travers la lecture d’un ouvrage antérieur, inachevé et publié de manière posthume, en 1952. Il s’agit d’un essai, Contre Sainte-Beuve, où l’auteur défie le plus grand critique littéraire de son époque, Charles-Augustin Sainte-Beuve. 

Ce que Proust lui reproche, c’est de confondre l’intelligence et le talent, l’art et la vie, et de juger l’œuvre d’un écrivain à la lumière de sa biographie. Or, le poète, l’artiste, ne se confond pas avec l’homme qu’il est. Car toute œuvre échappe à la conscience, à la volonté, au jugement moral. 

Car l’inspiration est une variation, fragile et infinie, sur la petite musique intérieure qui vibre en chacun de nous, mais qu’il est si difficile d’entendre… Dans cette quête de la phrase littéraire et musicale, j’ai le grand honneur, ce soir, d’être accompagné au piano par un interprète virtuose, mon ami Alexandre Tharaud

Alexandre Tharaud sera assisté de Félix Marest, musicien, élève à l’école des Chefs d’Orchestre de Salzbourg.

Bonsoir à vous, chers auditeurs et spectateurs.  Bienvenue au studio 104 de la Maison de la Radio, pour cette émission spéciale, en direct et en public, pour la 395e émission de « ça peut pas faire de mal »…  

Alexandre Tharaud interprète des morceaux de Maurice Ravel et Reynaldo Hahn

1 DÉBUT Le Banc songeur (Reynaldo Hahn) 

2 VIRGULE 1 Hommage à Martius (Reynaldo Hahn)

3 VIRGULE 2 Hivernale (Reynaldo Hahn)

4 1er MORCEAU Sonatine (Maurice Ravel)

5 VIRGULE 3 Adieu au soir tombant (Reynaldo Hahn), 1er mouvement

6 VIRGULE 4 Adieu au soir tombant, 3ème mouvement

7 2ème MORCEAU Sonatine, 3ème mouvement

8 VIRGULE 5 Sonatine (Maurice Ravel) (Menuet) 0’22 

9 VIRGULE 6 Le Pèlerinage inutile (Reynaldo Hahn )

10 GÉNÉRIQUE Adieu au soir tombant 

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