Découvrons le premier roman de l'écrivain péruvien, Mario Vargas Llosa, prix Nobel de Littérature en 2010

Mario Vargas Llossa en 2010
Mario Vargas Llossa en 2010 © Corbis / Quim Llenas

Ce jour-là le Boa est venu vers moi, d’un air mystérieux, pendant qu’on se lavait, et il m’a dit fais-moi un autre petit roman dans le même genre et je te l’achète ; brave gars, le Boa, un branleur de première, tu as été mon premier client et je me souviendrai toujours de toi, tu as protesté quand j’ai dit cinquante centimes la page, sans points à la ligne, et c’est alors vraiment que je me suis éloigné de mon enfance, du quartier blanc de Miraflores, et que j’ai commencé ma carrière de romancier, et j’ai gagné pas mal de fric en dépit des arnaqueurs.

C’est par la rédaction de nouvelles érotiques, pour le compte de ses compagnons d’internat au lycée militaire, qu’est née la vocation d’un grand écrivain péruvien, prix Nobel de littérature en 2010 : Mario Vargas Llosa. Il raconte cette anecdote dans son tout premier roman, La Ville et les Chiens, paru en 1963. L’oeuvre, autobiogaphique, raconte la vie des élèves, les cadets, au collège Leoncio Prado de Lima, où le jeune Vargas Llosa est envoyé, en 1950, par un père qu’il connaît à peine et qu’il déteste. Ce père, militaire de carrière, avait abandonné sa mère, et avait soudain ressurgi dans leur vie, treize ans plus tard, bouleversant leur tendre relation.

Pour Mario Vargas Llosa, l’entrée en pension marque la fin brutale d’une enfance heureuse et bourgeoise. Au collège militaire, il découvre le vrai visage du Pérou : une société multiethnique et inégalitaire, où se rejoue la violence des rapports de domination, sociaux, racistes et machistes. A sa sortie, l’apprenti-romancier n’a qu’une hâte : témoigner de « l’horreur innocente », faite d’humiliations et de peur, vécue pendant deux ans, de 14 à 16 ans.

Ce soir, découvrons ce roman sulfureux, qui a fait doublement scandale dans les années 1960 : d’abord publié en Espagne, où il ose affronter la censure franquiste ; puis, au Pérou, où il déclenche la colère des autorités militaires, qui organisent un autodafé et brûlent mille exemplaires du livre dans la cour même du lycée de Lima.

Parcourons donc ce passionnant récit d’adolescence, qui mêle la violence des instincts à une grande naïveté...

Extraits de la traduction de Bernard Lesfargues, publiée en 1966, qui ouvre la nouvelle édition des Œuvres romanesques de Vargas Llosa dans la collection de la Pléiade, sous la direction de Stéphane Michaud.

Archives INA:

Pentimento - Paula Jacques (26/03/1995 )

A voix nue - Gérard de Cortanze (13/12/1993)

Et un extrait du film La Ville et les chiens, une adaptation cinématographique réalisée par Francisco J. Lombardi en 1985

Programmation musicale :

  • NICK CAVE & THE BAD SEEDS : Girl in amber
  • JORGE DREXLER : Fora da ordem

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