Découvrons le style impertinent et audacieux de l'écrivain récompensé par le Prix Goncourt : une plongée dans les coulisses diplomatiques de l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie, il y a 80 ans...

Éric Vuillard, alors qu'il vient d'apprendre qu'il a reçu le prix Goncourt pour son livre sur les prémices du régime nazi, « L'Ordre du jour »
Éric Vuillard, alors qu'il vient d'apprendre qu'il a reçu le prix Goncourt pour son livre sur les prémices du régime nazi, « L'Ordre du jour » © AFP / Eric FEFERBERG

Ils étaient vingt-quatre, près des arbres morts de la rive, vingt-quatre par-dessus noirs, marron ou cognac... Les ombres pénétrèrent le grand vestibule du palais du président de l’Assemblée ; mais bientôt, il n’y aura plus d’Assemblée, il n’y aura plus de président, et, dans quelques années, il n’y aura même plus de Parlement, seulement un amas de décombres fumants. Pour le moment, les vénérables patriciens sont là, dans le grand vestibule ; ils échangent des propos badins, respectables ; on croirait assister aux prémices un peu guindées d’une garden-party. 

Tels sont les personnages ubuesques qui ne vont tarder à entrer en scène, sur le grand théâtre de la politique européenne, en cette année 1933. Ainsi s’ouvre le dernier livre d’Eric Vuillard, L’Ordre du jour, paru en mai 2017 chez Actes Sud, qui vient d’être récompensé par le prix Goncourt

Coup de projecteur mérité, donc, sur ce récit aussi bref que féroce, qui épingle avec humour les petites lâchetés des grands hommes qui font et défont l’Histoire. 

Né en 1968 à Lyon, l’auteur, qui est aussi scénariste et réalisateur de film, croque avec lucidité l’envers du décor de la machinerie diplomatique qui a conduit à l’annexion de l’Autriche, en 1938, prologue à la Seconde Guerre mondiale. C’était il y a tout juste 80 ans. 

Passionné par les sujets historiques – la colonisation du Congo, la conquête de l’Ouest américain, la prise de la Bastille- , l’écrivain revendique le recours au « récit » pour « démythifier » les grands évènements. Ni historien ni romancier, mais un peu des deux à la fois, il développe une narration tissée de mille détails et anecdotes,  afin, dit-il, d’aborder la grande Histoire « à hauteur d’homme ». 

Je vous invite à parcourir ce livre incisif et drôle, qui emprunte les chemins du passé pour mieux parler de notre présent... 

Programmation musicale

Ray Ventura : « Tout va très bien »

Yael Naïm : « Trapped »

Les extraits  sonores :

La voix d'Eric Vuillard est extraite des émissions suivantes: 

Les matins de France Culture  par Lucas Menget 17/07/2017

La grande Table -17/05/2017 Olivia Gesbert

Archives INA:

Hitler à Nuremberg le 12 sept 1938 -  2000 ANS D'HISTOIRE 01/09/2009    

Daladier à son arrivée au Bourget après les accords de Munich-  30/09/1938

Extrait du film Les damnés de Luchino Visconti (1969) 

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