Adapté au cinéma en 1966 par François Truffaut, le livre de Bradbury décrit une société où les livres sont interdits et brûlés. Ouvrons ce livre-brûlot, véritable plaidoyer pour la mémoire vivante de la littérature.

Extrait d'une scène du film "Fahrenheit 451", de François Truffaut avec Oskar Werner, Julie Christie, Cyril Cusack  (1966).
Extrait d'une scène du film "Fahrenheit 451", de François Truffaut avec Oskar Werner, Julie Christie, Cyril Cusack (1966). © Getty / Universal

François Truffaut à propos de "Farenheit 451"

"Depuis Les 400 coups, je voulais faire un film où les livres seraient les héros de mon propos. Un producteur m'a parlé du livre de Ray Bradbury. Mais à l'époque je détestais la science-fiction. Je trouvais que faire de la science-fiction, c'était manquer d'imagination. Alors il m'a raconté l'histoire en trois phrases : une société où il est interdit de lire, où l'on brûle les livres quand on les découvre, et le final de l'œuvre avec les hommes-livres, des intellectuels qui ont décidé de sauver la culture en apprenant les livres par cœur. Dès cet instant, j'étais décidé : je ferais Fahrenheit 451 (...) 

Je n'ai jamais fait un film aussi difficile. Autour de moi, toute l'équipe était un peu déroutée. Ils devaient s'attendre à du super-James Bond. Mais il n'y avait pas de gadgets. J'ai tenté d'être réaliste dans le scénario et onirique au tournage, en créant dans chaque scène, même normale, un déséquilibre, un malaise, une instabilité dont Hitchcock est le maître, et dont il nous a appris le secret. Si, à l'arrivée, le film ressemble à un rêve, c'est tant mieux."

Un chef d’œuvre de la science-fiction

Ce n’est pas un rêve, mais un cauchemar éveillé, que je vous invite à vivre ce soir, en plongeant dans l’univers inquiétant d’un chef d’œuvre de la science-fiction : Fahrenheit 451, de l’écrivain américain Ray Bradbury.

Publié en 1953, le roman est adapté au cinéma par François Truffaut en 1966, avec Julia Kristie et Oscar Werner. C’est alors son cinquième film, et le premier en couleurs. « J'adore le feu. Je pense que c'est pour cela que j'ai adoré le livre, et que j’ai voulu la couleur », note le réalisateur, dans son journal de tournage. 

Le sujet, en effet, est brûlant : 451 degrés Fahrenheit, c’est la température à laquelle le papier s’enflamme, soit l’équivalent de 230 degrés Celsius. 

Dans un futur proche, un gouvernement interdit les livres, et les brûle. Toute activité culturelle, artistique, est considérée comme dangereuse, nuisible au bien-être individuel et à l’ordre social. Mais s’agit-il seulement d’une projection dans l’avenir ? 

Ecrit vingt ans après les autodafés nazis, le roman ne nous met-il pas en garde contre le passé qui peut ressurgir ?

Dans une interview, Ray Bradbury affirmait à ce propos : 

La science-fiction n’est pas irréelle, la science-fiction est une description de la réalité.

Ouvrons ce livre-brûlot, qui n’a jamais été aussi lucide, tant sur la place des écrans dans nos vies, que sur le vide intérieur des êtres. Une leçon de courage, qui dit l’urgence de lire et de penser, contre la censure  une leçon d’humilité, aussi, pour sauver les livres de l’oubli… 

Références

Extrait de la traduction de Jacques Chambon et Henri Robillot, aux éditions Denoël (1995).

La programmation musicale

BIRCH BOOK : La chanson de Prévert 

MARIE MODIANO : Martin

THE DIVINE COMEDY : The booklovers 

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