Découvrons le chef d'oeuvre d'André Malraux, à l'occasion des 40 ans de la mort de l'écrivain.

André Malraux dans les années 1950
André Malraux dans les années 1950 © Getty / Keystone-France

_La tension s’accentue. Toute la nuit, toute la journée, mitrailleuses et fusils arrosent le quartier de Chapeï de haut en bas et de bas en haut. Depuis deux jours, bien entendu, le cortège qui accompagne les grands malheurs passe en courant dans le reste de Shangai, s’engouffre dans les concessions étrangères. Qu’allons-nous voir ce soir ? Nous sommes maintenant le 31 janvier 1932. On ne peut prévoir le sort de Shangai.

Ce témoignage, qui décrit l’invasion de la Chine par le Japon en 1932, est signé de la plume d’un grand reporter français : Albert Londres. Ce sera son dernier article, puisque le célèbre journaliste meurt, quelques mois plus tard, dans le naufrage du bateau qui devait le ramener en Europe. Avant d’embarquer, il confiait à ses proches tenir le reportage de sa vie : une enquête sur le milieu des affaires chinoises, en particulier son trafic d’opium, qui impliquerait les communistes et les financiers occidentaux. « Ce sera le couronnement de ma carrière », écrit Albert Londres. Mais le journaliste emporte son secret avec lui.

L’année suivante, un autre écrivain-aventurier témoigne du chaos de la Chine, partagée entre l’élan révolutionnaire et ses intérêts commerciaux : il s’agit d’André Malraux, et son célèbre roman, La Condition humaine, paru en 1933 et salué par le Prix Goncourt. Si le roman de Malraux prend pour décor la ville de Shangaï en proie à la même agitation, l’action se situe quelques années plutôt, en mars 1927, lors de la violente répression des grèves ouvrières par l’armée nationaliste du général Tchang Kaï-Chek.

Ce soir, découvrons cet épisode historique, connu sous le nom de « massacre de Shangaï », qui a fait plus de cinq mille victimes. Partons pour cette ville légendaire, devenue la capitale mondiale de « la piraterie, des jeux et de la drogue », comme l’écrivait Albert Londres, avec, en toile de fond, ses trafics d’armes, ses réseaux de prostitution, ses hommes d’affaires corrompus. A travers le destin d’un groupe de communistes révolutionnaires, André Malraux livre une magnifique réflexion sur les rouages de l’engagement politique et les dilemmes de la condition humaine.

Extraits de la nouvelle réédition en Pléiade, actuellement chez Gallimard, à l’occasion des 40 ans de la mort de Malraux.

Avec la voix d'André Malraux (Archive INA)

  • Il n’y ’a pas de siècle représentant une aventure humaine aussi extraordinaire que le XXeme siècle - Radioscopie 7 mars 1974
  • 1933: Le prix Goncourt pour « La condition humaine » est attribué à André Malraux
  • "Cette Asie révolutionnaire, ce n’était pas la Révolution d’octobre, c’était 1789" - 1er mai 1969
  • « L’humanisme, ce n’est pas dire : “ce que j’ai fait, aucun animal ne l’aurait fait”, c’est dire : “Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase
  • « La politique, c’est ce qui se passe quand il n’y a pas d’histoire, la fraternité c’est ce qui se passe quand il n’y a plus de valeurs » Avril 1979
  • Prgrammation musicale :
  • EMILIE SIMON : « Opium »
  • HUONG THANH : "Bakida"

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