Guillaume Gallienne nous propose de feuilleter quelques pages du "Portrait de Dorian Gray ». Ce roman, à la fois lumineux et sombre, écrit par l’écrivain irlandais, Oscar Wilde, et publié en 1890, sous la vindicte publique.

  • L’artiste est celui qui crée des choses de beauté.
  • Révéler l’art et dissimuler l’artiste, tel est le but de l’art.
  • Il n’existe pas de livres moraux ou immoraux. Les livres sont bien écrits ou mal écrits. C’est tout.
  • L’artiste n’a pas de préférences morales.
  • L’artiste n’est jamais morbide. L’artiste peut tout exprimer.
  • Le vice et la vertu sont, pour l’artiste, le matériau de son art.
  • Du point de vue de la forme, l’art du musicien est typique de tous les arts. Du point de vue de l’émotion, c’est le métier de comédien qui est typique.

Tout art est complètement inutile.

Ces aphorismes au ton provocateur sont les réponses d’un grand auteur de la seconde moitié du XIXe siècle aux critiques qui se sont déchaînées contre son seul et unique roman : Le Portrait de Dorian Gray, l’œuvre la plus célèbre et la plus controversée d’Oscar Wilde.

Né à Dublin en 1854, l’écrivain publie d’abord des poèmes, puis se fait connaître comme dramaturge sur les scènes de Londres. Il voyage ensuite aux États-Unis où il donne des conférences sur l’Art. Il aurait dit, lors de son passage à la douane : 

Je n’ai rien à déclarer, excepté mon génie.

C’est d’ailleurs un Américain, rédacteur en chef du Lippincott’s Magazine, qui lui commande un texte pour sa revue : ce sera Le Portrait de Dorian Gray.

Dès sa première publication en juin 1890, la presse s’envenime : « Le Portrait de Dorian Gray est du faux art ; il est faux pour la nature humaine car son héros est un monstre. Monsieur Wilde a de l’esprit, de l’art, du style, mais s’il ne peut écrire que pour les nobles hors-la-loi et les petits télégraphistes pervertis, plus tôt il prendra le métier de tailleur, mieux cela vaudra pour sa réputation personnelle et pour la moralité publique. »

En pleine époque victorienne, le roman d’Oscar Wilde choque par son éloge de l’homosexualité et par les mœurs immorales de son héros, jeune dandy narcissique et orgueilleux, qui, comme Faust, vend son âme au diable, en échange d'une éternelle jeunesse.

Curieusement, l’œuvre précède le scandale : c’est l’année suivante, en 1891, année de la seconde publication du récit sous forme de livre, qu’Oscar Wilde rencontre Lord Alfred Douglas , qui devient son amant. Leurs relations tumultueuses attisent la polémique. En 1895, le père d’Alfred Douglas, le marquis de Queensbury, intente un procès à Oscar Wilde, qui est condamné à deux ans de prison. Humilié et anéanti, l’écrivain vit ensuite une vie d’errance et de misère et meurt, à Paris, en 1900.

Guillaume Gallienne nous propose de feuilleter quelques pages du Portrait de Dorian Gray, ce roman, à l’image de son héros, à la fois lumineux et sombre, au propos prémonitoire, conduisant un beau jeune homme au crime.

Référence bibliographique

Extraits du roman, Le Portrait de Dorian Gray, dans la traduction de Vladimir Volkoff, paru en édition Le Livre de Poche en 2001.

Archives INA

Avec la voix de Merlin Holland, le petit-fils d'Oscar Wilde.

La musique

  • Alain Chamfort et Elodie Frégé - L'Ennemi dans la Glace
  • Sting - Cold Song
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