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« Bonjour ma vie

Et vous mes désespoirs

Me revoici aux fossés

Où naquit ma misère !

Toi, mon vieux guignon,

Je te rapporte un peu de cœur.

Bonjour, bonjour à tous,

Bonjour mes vieux copains ;

Je vous reviens avec ma gueule

De paladin solitaire,

Et je sais que ce soir

Monteront des chants infernaux.

Bonjour, toutes mes choses,

Bonjour mes horizons lourds,

Mes vieilles vaches de chimères,

Ainsi fleurit l’espoir.

Bonjour mes poèmes sans raison.

Ce poème est l’œuvre d’un jeune homme de 15 ans, né en 1929 à Constantine, en Algérie :Kateb Yacine . C’est un « Keblout », sa famille est issue d’une lignée berbère installée près de Nadhor, dans l’est du pays.

Très tôt, il est témoin de la colonisation de sa terre natale, et en subit les conséquences… Kateb Yacine doit notamment apprendre la langue française… Première déchirure, mais aussi premier combat de sa vie. Il aura cette phrase : « J’écris en français, mieux que les Français, pour dire que je ne suis pas français ».

Pour lui, aucun doute : l’écriture est une lutte, et le poète, un « boxeur ».

Armé de cette nouvelle langue, il va dire ce qu’est vraiment l’Orient sans jamais tomber dans l’idéologie. L’exil, la misère, la liberté, l’amour : son œuvre, tremblante et fragmentaire, traverse tous les maux de l’Histoire algérienne.

Et je vous propose ce soir de la découvrir…

De ses poèmes de jeunesse à son amour du théâtre, en passant par son immense roman, Nedjma , et son engagement pour une Algérie libre : retour sur une parole atypique qui a voulu « chanter l’allégresse » des hommes.

Avec des extraits de :

Nedjma

Soliloques

Le Cadavre encerclé

Programmation musicale

AZIZA BRAHIM : Espejismos

RABAH ASMA : Algérie

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