Remontons le cours du temps jusqu’au dix-septième siècle : à mi-chemin entre le fantastique et la fable, Italo Calvino nous conte les aventures du Vicomte pourfendu, un chevalier littéralement coupé en deux...

Portrait de l'ecrivain italien Italo Calvino au lido de Venise en 1988
Portrait de l'ecrivain italien Italo Calvino au lido de Venise en 1988 © AFP / MARCELLO MENCARINI / Leemage

« On faisait la guerre aux Turcs. Le soir, au moment de la trêve, deux chars passèrent ramasser les corps des chrétiens sur le champ de bataille. Quand on retira le drap qui couvrait le vicomte, on vit son corps effroyablement mutilé. Les médecins étaient ravis. 

- Quel cas magnifique !

S’il ne mourait pas entre-temps, ils allaient essayer de le sauver. Et tous de s’occuper de lui, pendant que les pauvres soldats qui n’avaient reçu qu’une flèche dans le bras mouraient de septicémie. Ils firent des coutures, des applications… Dieu sait ce qu’ils firent ! Quoiqu’il en soit, le lendemain, mon oncle ouvrait son unique œil, sa demi-bouche, dilatait sa narine et respirait. La forte fibre des Terralba avait tenu. Il était, maintenant, vivant et pourfendu ».

C’est avec cette opération haute en couleurs qu’Italo Calvino donne naissance au Vicomte pourfendu, personnage-titre de ce conte savoureux. 

Né en 1923 en Italie, Calvino a sans cesse joué avec l’écriture – dans les années 1970, il rejoindra d’ailleurs l’OULIPO, ce malicieux groupe d’auteurs qui s’inventent des contraintes ludiques. 

Mais déjà, dans les années 1950, Italo Calvino imagine une série de personnages improbables, tirés des temps anciens. Paru en 1952, Le Vicomte pourfendu ouvre ce cycle baptisé « Nos Ancêtres », qui compte aussi Le Baron perché et Le Chevalier inexistant. Tout un programme… Au gré de cette trilogie, le rire s’invite souvent… mais chez Calvino, les situations les plus cocasses ne sont jamais loin d’interrogations morales.  Et dans ce premier volume, l’écrivain italien nous embarque dans un univers à mi-chemin entre le fantastique et la fable, le drame et l’humour.  Ce soir, remontons le cours du temps jusqu’au dix-septième siècle, et découvrons donc les aventures de ce chevalier littéralement coupé en deux : ce Vicomte pourfendu

Nous emprunterons la traduction de Juliette Bertrand parue aux éditions Albin Michel.

Disques

  • Wolfgang Amadeus Mozart : « Don Giovanni - Deh Vieni Alla Finestra »
  • Vinicio Capossela : « Il pumminale »
  • Musica Nuda : « Pazzo il mondo  »
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