Plongeons au cœur du Berry où s’enracine l’univers de George Sand. Et découvrons avec "La mare au diable", cette intrigante Vallée Noire, pays de fraternité, de croyances et de rites venus du fond des âges.

Portrait de la romancière, dramaturge, épistolière, critique littéraire et journaliste, George Sand en 1865.
Portrait de la romancière, dramaturge, épistolière, critique littéraire et journaliste, George Sand en 1865. © Getty / Time Life Pictures / Mansell / La collection d'images LIFE

Extrait de "La Mare au diable"

"J’avais partout des amis et des compagnons. Je savais dans quel champ, dans quel pré, dans quel chemin je trouverai Fanchon, Pierrot, Liline, Rosette ou Sylvain. Nous faisions le ravage dans les fossés, sur les arbres, dans les ruisseaux. Nous gardions les troupeaux, c’est-à-dire que nous ne les gardions pas du tout, et que pendant que les chèvres et les moutons faisaient bonne chère dans les jeunes blés, nous formions des danses échevelées, ou bien nous goutions sur l’herbe nos galettes, notre fromage et notre pain bis. On ne se gênait pas pour traire les chèvres et les brebis, voire les vaches et les juments quand elles n’étaient pas trop récalcitrantes. On faisait cuire les oiseaux ou des pommes de terre sous la cendre. Les poires et les pommes sauvages, les prunelles, les mûres de buisson, les racines, tout nous était régal".

Aurore Dupin / George Sand

C’est en 1847 que George Sand, alors quadragénaire, entreprend l’écriture de ses mémoires, rassemblés sous le titre Histoire de ma vie. Dans le passage ci-dessus, elle convoque le souvenir de ses joyeuses heures buissonnières passées à Nohant, à l’âge de douze ans. Ces moments d’exaltation et de liberté, vécus au plus près de la nature, fondent très certainement le cycle de romans champêtres qu’elle entame en 1846 avec la Mare au diable, bientôt suivi par François le Champi, La petite fadette et Les Maîtres sonneurs.

Née en 1804, d’un mariage d’amour entre un aristocrate et une petite ouvrière, Aurore Dupin est élevée par sa grand-mère paternelle, propriétaire d’un domaine dans le Berry. Là, elle est instruite et partage son temps entre les livres, la rêverie et ses vagabondages dans la campagne. A l'époque le joug du  code Napoléon réduit sévèrement les libertés de son sexe. La jeune Aurore se marie à 17 ans pour avoir une condition et donne bientôt naissance à deux enfants. Mais très vite, sa soif d’indépendance la porte à s’émanciper et elle endosse le pseudonyme de George Sand afin de vivre de sa plume comme journaliste, dramaturge et romancière. Profondément marquée par sa double ascendance (populaire et aristocratique), l’écrivain luttera toute sa vie pour une plus grande justice sociale. 

Mais revenons à La mare au diable

Dans les romans de ses contemporains, les paysans sont des rustres, méprisés ou moqués. Ici George Sand fait sa petite révolution : elle choisit pour héros un simple laboureur et une bergère à qui elle donne une voix et une âme, sensible. Inconsolé depuis le décès de son épouse, Germain se destine à faire un mariage de raison quand une rencontre inattendue vient bouleverser son destin. Face au cynisme des arrangements, George Sand, vous l’aurez deviné, fera triompher la sincérité des sentiments. Car la littérature à ses yeux est le lieu de l’émotion et de l’engagement. 

Références

La playlist de l'émission :

  • Mouloudji : "L'amour, l'amour, l'amour"
  • Charles Aznavour: " Marie l'orpheline"

Les archives :

Les archives 

André Maurois: George Sand est socialiste ,les romans champêtres de George Sand sont destinée à faire aimer les paysans par un public qui ne les connait guère   Heure de culture française  06/08/1954

Michelle PERROT Le grand souci d’écriture de George Sand notamment dans ses romans paysans : Comment faire parler les paysans sans les caricaturer et en faisant entendre leur voix, elle est la 1ere ethnologue des campagnes françaises 

DE L'ECRITURE AU FEMININ. George Sand, les chemins de la liberté -  01/08/2003 Michelle PERROT

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