Après La Curée et L’Assommoir, cette émission est le troisième et dernier volet du cycle consacré à Émile Zola. Dans le roman, "Germinal", l’écrivain naturaliste dénonce la misère des ouvriers et l’opulence des actionnaires, mais ouvre aussi la porte à un espoir.

Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d’une obscurité et d’une épaisseur d’encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes à Montsou (…) L’homme était parti de Marchiennes vers deux heures. Il marchait d’un pas allongé, grelottant sous le coton aminci de sa veste et de son pantalon de velours. Une seule idée occupait sa tête vide d’ouvrier sans travail et sans gîte, l’espoir que le froid serait moins vif après le lever du jour.

Brusquement, à un coude du chemin, un spectacle l’arrêta. C’était une masse lourde, un tas écrasé de constructions, d’où se dressait la silhouette d’une cheminée d’usine (…). Alors, l’homme reconnut une fosse. Il fut pris de honte : à quoi bon ? Il n’y aurait pas de travail. Mais il se risqua à gravir le terri sur lequel brûlaient trois feux de houille dans des corbeilles de fonte.

  • Bonjour, dit-il en s’approchant.
  • Bonjour, dit un vieux charretier.
  • Je me nomme Étienne Lantier, je suis machineur… Il n’y a pas de travail ici ?… C’est une fosse, n’est-ce pas ?
  • Oui, c’est le Voreux…

Cette fosse, tassée au fond d’un creux, avec ses constructions trapues de briques, dressant sa cheminée comme une corne menaçante, lui semblait avoir un air mauvais de bête goulue, accroupie là pour manger le monde. »

C’était la première page de Germinal, le 13e volume des Rougon-Macquart  publié en 1885.

Après La Curée et L’Assommoir, cette émission est le troisième et dernier volet du cycle consacré à Émile Zola. Cette fois, il est question de la dureté des conditions de travail des mineurs, dans une petite ville du Nord de la France, avec les aventures du jeune Étienne Lantier, le fils que Gervaise Macquart a eu avec son amant Auguste.

Etienne est un travailleur opiniâtre qui a l’esprit frondeur. Entré au Voreux en tant que herscheur, il va rapidement découvrir l’enfer de la mine, la faim, la crasse, et le corps qui plie sous la fatigue. Alors il va lancer une révolte contre la baisse des salaires, et prendra la tête de l’insurrection des mineurs.

Avec ce roman, Zola pose une question qu’il considère comme la plus importante du XXe siècle, celle de la lutte des classes. Il veut montrer la misère des ouvriers et dénoncer l’opulence des actionnaires.

En cela, Germinal  est un grand livre sur le peuple, et Zola sera d’ailleurs salué le jour de ses obsèques, en 1902, par toute une délégation de mineurs du Nord venus lui rendre hommage.

Mais c’est aussi un roman de l’espoir, le titre évoquant une journée du calendrier révolutionnaire de 1795, durant laquelle le peuple de Paris a envahi la Convention pour réclamer du pain… Et il fait aussi référence à la métaphore de la « germination », c’est-à-dire à l’arrivée du printemps.

Extraits sonores

extraits du film Germinal, de Claude Berri  (1993)

Programmation musicale

  • Marche ou crève, texte de Prévert, par Nevchehirlian
  • Ils cassent le monde, texte de Boris Bian, lu par Jean-Louis Trintignant
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