Avec "Americanah", le lecteur embarque pour un voyage entre les continents et une exploration fine de la question identitaire. Découvrons comment s’entrelacent les destins croisés d’Ifemelu et d’Obinze…

Chimamanda Ngozi Adichie, écrivaine, le 24 janvier 2018 à Paris.
Chimamanda Ngozi Adichie, écrivaine, le 24 janvier 2018 à Paris. © AFP / STEPHANE DE SAKUTIN

Extrait

Elle le sentait depuis un certain temps, un sentiment d’épuisement tôt le matin, de flou, de non-appartenance. Il était chargé d’attentes informulées, de désirs mal définis, de brèves visions des existences différentes qu’elle aurait pu vivre, et au fil des mois il s’était transformé en un violent mal du pays. Le Nigeria devint l’endroit où elle devait être, le seul endroit où elle pouvait enfouir ses racines sans éprouver en permanence le désir de les arracher et d’en secouer la terre.

Un récit autobiographique aux accents féministes

Cette réflexion, à la fois intime et universelle sur les souffrances de l’exil, ouvre le magnifique roman de la nigériane Chimamanda Ngozi Adichie. On y suit les destins croisés de deux émigrés, Ifémélu et Obinzé, qui s’aiment, se perdent et finiront par se retrouver. Deux destinées qui interrogent la condition actuelle de l’immigrant face au repli de l’Occident

Ifemelu, l’héroïne a beaucoup en commun, on le devine, avec son auteure. Toutes deux ont quitté le Nigéria pour l’Amérique, toutes deux feront de leur trajectoire, le lieu d’un profond questionnement identitaire. La romancière nous transporte de Nsukka à Lagos au Nigeria, en passant par Brooklyn, Londres et Philadelphie. On respire les vapeurs de riz jollof à la noix de coco, on passe des heures au  beau milieu d’un salon de coiffure afro, on ressent l’angoisse de chaque instant du travailleur clandestin, on vit avec effervescence l’élection du premier président noir américain. On est transporté, bousculé par le flot d’images neuves qui nous arrivent. Enfin on est ému, questionné, et l’on sourit aussi beaucoup à la lecture d’Americanah. Car cette grande voix de la littérature africaine-américaine observe ses contemporains avec une acuité rare et un regard tendre et féroce à la fois.

Références musicales

  • Angélique Kidjo – "FifaI"
  • Ayọ – "What Is Love ?"
  • Aṣa – "The Way I Feel"

Actualité et rencontre

Le journal Le Monde organise dans le cadre du Monde Festival une conversation  avec l’écrivaine nigériane, auteure d’Americanah et du texte manifeste Nous sommes tous des féministes le dimanche 7 octobre de 17 h 30 à 18 h 30 à l’Opéra Bastille.  Un festival dont France Inter est partenaire.

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