Lequel de vous, messieurs, est Edmond Dantès ?

Tous les regards se tournèrent vers le jeune homme qui, fort ému, mais conservant sa dignité, fit un pas en avant et dit :

  • C’est moi, monsieur. Que me voulez-vous ?

  • Edmond Dantès, reprit le commissaire, au nom de la loi, je vous arrête !

  • Vous m’arrêtez ! dit Edmond avec une légère pâleur, mais pourquoi m’arrêtez-vous ?

  • Je l’ignore monsieur, mais votre premier interrogatoire vous l’apprendra.

Le vieux Dantès se précipita alors vers l’officier ; il y a des choses que le cœur d’un père ne comprendra jamais. Il pria et supplia : larmes et prières ne pouvaient rien. Et Edmond avait, en souriant, serré la main à tous ses amis, et s’était constitué prisonnier en disant : « Soyez tranquilles, l’erreur va s’expliquer, et probablement je n’irai même pas jusqu’à la prison ».

Et il descendit l’escalier, entouré par les soldats. Une voiture, dont la portière était tout ouverte, attendait à la porte, il y monta, deux soldats et le commissaire montèrent après lui ; la portière se referma, et la voiture reprit le chemin de Marseille.

  • Adieu Edmond ! s’écria Mercédès en s’élançant sur la balustrade.

Le prisonnier entendit ce dernier cri, sorti comme un sanglot du cœur déchiré de sa fiancée. Il passa la tête par la portière et cria : « Au revoir, Mercédès ! » et disparut à l’un des angles du fort Saint-Nicolas. »

Cet homme qui fait ses adieux à sa fiancée, c’est Edmond Dantès, le personnage mythique du roman d’Alexandre Dumas : Le Comte de Monte-Cristo .

Monte Cristo couverture Folio
Monte Cristo couverture Folio © Domaine public

Ce jeune capitaine de bateau, accusé à tort de haute trahison, va passer quinze années derrière les barreaux.

Emprisonné à 19 ans, libéré à 33 : Dantès a failli perdre espoir, mais a finalement résisté.

Et à force de courage et de patience, il va mettre en place sa vengeance et terrasser ceux qui ont voulu le faire disparaître…

Dumas écrit cet incroyable roman en 1846.

Il y fait le portrait d’un héros au lendemain de la chute de Napoléon, au tout début du XIXè siècle.

Et c’est un homme-providence qu’il nous décrit, un anonyme parti en guerre contre tout ce qui gangrène la société : le pouvoir et l’argent.

Roman de l’injustice et de la revanche, Le comte de Monte-Cristo est aussi un livre qui interroge l’idée de bonheur : « Le bonheur », dira Dumas, « c’est comme ces palais des îles enchantées dont les dragons gardent les portes. Il faut combattre pour le conquérir ».

Après les aventures de La Reine Margot et des Trois Mousquetaires, partons avec Edmond Dantès à la conquête de cette félicité perdue…

Et découvrons, avec cette troisième et dernière émission consacrée à Dumas, à quoi ressemble véritablement « un homme libre ».

Programmation musicale

BENJAMIN BIOLAY : « VENGEANCE »

ELYSIAN FIELDS : « LES AMOURS PERDUES »

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