Le célèbre roman d'Antoine Blondin, popularisé à l'écran par Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo

Jean-Paul Belmondo, et Jean Gabin dans Un singe en hiver, le film de 1962 d'Henri Verneuil
Jean-Paul Belmondo, et Jean Gabin dans Un singe en hiver, le film de 1962 d'Henri Verneuil © Getty / Keystone-France

"Tout le monde dort, et nous, nous sommes là tous les deux… N’est-ce pas merveilleux, mon vieux papa! Arrosons cela, avec votre permission. C’est que je vous aime bien, mon vieux papa… Je ne vous le montre guère, mais je vous aime beaucoup…. Toujours calme, comme ça, toujours tranquille… et puis, par en-dessous, la souffrance, car vous souffrez, je l’ai bien compris. De quoi? De la soif… Ne me dites pas le contraire: l’alcool c’est le salut dans la fuite, la liberté, l’état de grâce… et pour finir une belle saloperie. Sait-on jamais ce que c’est? Ce va et vient aux abîmes est un trajet solitaire. Ceux qui remontent de ces gouffres se sont cherchés sans se rejoindre. Seule, la cruauté du jour rassemble leur troupeau errant. Ils renaissent douloureu-sement et se retournent: la nuit a effacé la trace de leurs pas."

"Un singe en hiver"

Le roman le plus célèbre d’Antoine Blondin, paru en 1959, sera mis en dialogue trois ans plus tard par Michel Audiard pour le film d’Henri Verneuil, qui réunira Jean Gabin et le jeune Jean-Paul Belmondo pour un des duos les plus mémorables du cinéma français. Depuis qu’il a arrêté de boire, c’est sur son oreiller qu’Albert Quentin, la soixantaine, revit auprès de sa femme endormie les campagnes militaires qu’il a connues lors de ses années de service en Chine, quand il était fusilier-marin sur les bords du Yang Tsé Kiang. L’ivresse du songe et de l’aventure remplissent son quotidien de patron d’Hôtel, depuis qu'il a arrêté de boire il y a une dizaine d'années.

Romancier mais aussi chroniqueur du Tour de France pour l’Equipe pendant près de 30 ans, le style décapant d'Antoine Blondin et ses bifurcations fantaisistes font la singularité de son écriture. Connu pour ses frasques dans la vie, il ’est mis en scène – ou plu-tôt « caché » - dans ce roman, sous les traits de Gabriel Fouquet. C’est l’autre héros du roman, 35 ans, gueule d’ange, porté sur la boisson, qui vient perturber le quotidien immobile de Suzanne et Albert Quentin. ça sent un peu la naphtaline au « Stella », l’hôtel qu’ils tiennent sur la côte normande.... Embarquons à leur suite, à la découverte de l’étrange relation qui va se nouer entre deux solitudes désespérées, Albert, le vieux repenti emmuré dans sa fierté, et Gabriel, le jeune fou en fuite.

Les disques

  • Didier Odieu "L"alcool"
  • Philippe Servain "Oh mes amis"

Les extraits sonores diffusés:

La voix d'Antoine Blondin est extraite des archives de l'INA:

Entretiens avec Antoine Blondin/ France Culture 16/10/1970 - Véra Feyder

Entretiens avec Antoine Blondin/ France Culture 09/10/1970 - Véra Feyder

Entretiens avec Antoine Blondin/ France Culture 15/10/1970 - Véra Feyder

Extrait du film Un singe en hiver d'Henri Verneuil

A écouter: lecoffret de la collection Les Grandes Heures Radio France / Ina « Antoine Blondin. Rive gauche, entretiens avec Pierre Assouline »

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