Le crépuscule de plomb pèse sur les membres secs d’un vieillard qui se dirige vers Broadway. Quand il contourne l’étalage de Nedick, au coin de la rue, quelque chose se déclenche dans ses yeux. Poupée brisée parmi les rangées de poupées vernies, articulées, il se traîne, la tête basse, jusque dans la fournaise palpitante, jusque dans l’incandescence des chapelets de lettres lumineuses.‘Je me rappelle quand tout cela était que des prairies, gronda-t-il à un petit garçon.

New York
New York © Randy Le Moine / Randy Le Moine

C’était un extrait du roman Manhattan transfer , de l’écrivain américain John Dos Passos. Publié en 1925, quelques années avant la trilogie U.S.A., ce livre a fait la gloire de son auteur.

C’est avec ce récit labyrinthique, dans lequel se mêlent de multiples histoires, que Dos Passos rencontra un succès mondial, et qu’il fut notamment salué par Jean Paul Sartre comme « le plus grand écrivain de notre temps ».

Il faisait partie de ce qu’on a appelé la Lost Generation , la « génération perdue », un courant littéraire de l’entre deux guerres dont les membres principaux s’appelaient Hemingway, Fitzgerald ou encore Steinbeck.

Dans Manhattan Transfer , près de vingt personnages se croisent, se rencontrent, se séparent... Chacun cherche sa place au soleil, un morceau de gloire ou de pain, une raison de vivre.

Le romancier passe de l’un à l’autre au gré de ses envies, parfois sans explication... En fait, Dos Passos n’obéit qu’à une seule règle : le mouvement perpétuel de l’écriture.

Et pour mettre en scène ces fragments de vies, il ne pouvait choisir qu’une seule ville, celle qui se définit justement par son mouvement incessant et son rythme frénétique : New York…

Avec les voix de John Dos Passos, Carlos Fuentes, Jean-Pierre Morel (archives INA)

Programmation musicale

ELLA FITZERALD "Bewitched"GLADYS KNIGHT "Goog morning heartache"

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