Parcours dans l'oeuvre de Mario Vargas Llosa, inspirée par ses souvenirs de jeunesse

Mario Vargas Llosa [& Wife #2]
Mario Vargas Llosa [& Wife #2] © Getty / H. John Maier Jr.

Ecrire un roman, c’est comme se déshabiller. Faire un strip-tease : la jeune femme, sous d’impudiques projecteurs, se libère de ses vêtements, révélant un à un ses charmes secrets. De même l’écrivain dénude publiquement son intimité à travers ses romans. Avec, certes, quelques différences (...) Car dans un strip-tease, la fille est d’abord habillée pour se dénuder à la fin, alors qu’à l’inverse, chez le romancier, nu au départ, il se rhabille à l’arrivée. Ecrire un roman est, en fait, un strip-tease à l’envers, et tous les romanciers sont, allégoriquement, parfois explicitement, des exhibitionnistes.

Ce romancier au tempérament exhibitionniste est une grande personnalité de la littérature hispanique contemporaine : il s’agit de Mario Vargas Llosa, né au Pérou en 1936, révélé en 1963 par un premier roman qui a fait scandale, La Ville et les Chiens, que j’ai eu le plaisir de vous lire la semaine dernière.

L’écrivain péruvien est aujourd’hui le seul auteur étranger à entrer de son vivant dans la prestigieuse Collection de La Pléiade. Ses plus grands romans y sont réunis, sous la direction de Stéphane Michaud, dans les traductions révisées d’Albert Bensoussan et Bernard Lesfargues. Après La Ville et les chiens, citons Conversations à la Catédral paru en 1969, La Guerre de la Fin du monde en 1981, La Fête au bouc publié en l’an 2000 : des œuvres magistrales qui dénoncent la violence des dictatures en Amérique du Sud, dans son pays natal, mais aussi au Brésil et en République dominicaine.

Si sa critique des idéologies politiques a été saluée par le Prix Nobel de Littérature en 2010, le romancier est lui-même un personnage à la vie romanesque, qui aime se mettre en scène dans ses écrits : adolescent, il est marqué par la figure tyrannique du père ; jeune homme, il se révèle un grand amoureux des femmes.

Ce soir, poursuivons notre voyage dans l’écriture foisonnante de Mario Vargas Llosa, afin d’y déceler, comme il nous y invite lui-même, les éléments autobiographiques qui se sont glissés sous sa plume...

Avec les extraits suivants :

  1. La Maison verte, 1965 : le souvenir d'une célèbre maison close à la frontière du désert
  2. Conversations à la Catedral, 1969 : de jeunes étudiants communistes face à la dictature
  3. Tante Julia et le Scribouillard, 1977 : les premières amours de Mario Vargas Llosa, alors apprenti-écrivain, sur fond de soap opera radiophonique
  4. Lettres à un jeune romancier, 1997 : l'écriture comme "esclavage consenti"
  5. La Civilisation du spectacle, essai,2015 : de la survie de "l'écrivain dinosaure"

Programmation musicale

AMPARO SANCHEZ, « Vueltas »

MIGUEL POVEDA, « Final y a ciegas »

*Archives INA
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La voix de Mario Vargas Llosa est extraite de la série des A voix nue diffusée sur France culture en décembre 1993 (entretien Gérard de Cortanze)

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