Partons sur les traces de Napoléon, en pleine campagne de Russie, en 1812. Selon Tolstoï, ce sont les soldats français qui ont transmis aux Russes l'idéal de la Révolution...

Leon Tolsotoï à son bureau
Leon Tolsotoï à son bureau © Getty / ilbusca

Extrait de "Guerre et Paix"

« Le salon commençait peu à peu à se remplir. La plus haute société de Pétersbourg se réunissait chez Anna Pavlovna. Puis arriva la jeune et mignonne princesse Bolkonsky, la femme la plus séduisante de Pétersbourg, disait-on.  Mais à ce moment, un nouveau personnage fit son entrée dans le salon ; c’était le prince André Bolkonsky, le mari de la petite princesse. Pierre, qui depuis l’entrée du prince André n’avait cessé de le suivre d’un regard amical et joyeux, s’approcha par-derrière et lui prit le bras. 

-      Tiens, tiens... te voilà toi aussi dans le grand monde, dit André.

Soutenant légèrement d’une main les plis de sa robe, la princesse Hélène passa entre les chaises, et son sourire resplendissait plus radieux que jamais sur son merveilleux visage.

-      Très belle, dit le prince André.

-      Très, acquiesça Pierre. »

La Russie bouleversée par Napoléon

Cette scène de salon, où brillent les promesses de la jeunesse aristocratique, ouvre l’un des plus grands chefs d’œuvres de la littérature russe : Война и мир (Voïna i mir), Guerre et Paix, de Léon Tolstoï. 

Ainsi traduit en français, le titre connaît une confusion suite à la réforme de l’orthographe russe en 1918 ; le mot « mir » signifiant à la fois « la paix » et « le monde ». On sait que Tolstoï, grand lecteur de Proudhon, a emprunté son titre à un essai du socialiste français. Mais qu’on le traduise par « La Guerre et le Monde » ou « La Guerre et la Paix », le célèbre roman de Tolstoï, traite d’un seul et même sujet : le bouleversement de la société russe suite aux grandes batailles napoléoniennes.

Paru en 1869, cette passionnante fresque historique couvre une période de quinze ans, entre 1805 et 1820, où se joue le destin de trois garçons : Pierre Bézoukhov et André Bolkonsky – dont nous avons déjà fait connaissance- , et celui de Nicolas Rostov, issu d’une grande famille de Moscou. Si la guerre est là, d’autres guerres d’influences s’annoncent, où se mêlent l’argent et les femmes... Qui épousera la belle Hélène, et  la séduisante Natacha Rostov

Autour d’eux, Tolstoï évoque, sur plus de 1800 pages, la vie de quelques 500 personnages, tous touchés, de près ou de loin, par la campagne de Russie menée par Napoléon.

Lorsqu’il commence la rédaction de son immense projet en 1863, l’écrivain a pour ambition de retracer les années de formation de certains nobles, futurs révolutionnaires, qui seront, en 1825, impliqués dans le mouvement des Décembristes, et condamnés comme les auteurs d’un coup d’Etat avorté contre le Tsar. 

Mais revenons au début de l’histoire... et parcourons cette oeuvre magistrale, Guerre et paix, dont Tolstoï disait qu'elle « n’est ni un roman, ni une nouvelle », mais le récit de « tous les aspects de la vie ». Cette vie qui continue, et où « il n’y a pas de héros, il n’y a que des hommes »... 

Références

Extraits de la traduction de Boris de Schloezer aux éditions Gallimard. 

Programmation musicale :

« Vu bistu geven » par  NOEMI WAYSFELD NOEMI & BLIK

« Ne poy krasavitsa pri mne op 4 » de SERGE RACHMANINOV, par ANNA NETREBKO

Les archives de l'I.N.A.

André Maurois: Guerre et paix est le plus beau roman qu'il ait lu,en 1500 pages, un monde fut créé, plus réel encore que le monde réel 

Analyse spectrale de l'Occident  13/03/1965

Vladimir Jankélévitch :La passion du détail chez Tolstoï Connaissance de l'homme 16/10/1957

Voix de Leon Tosltoï (enregistrement de 1909) :La religion  

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