Le Chevalier Jacques Casanova de Seingalt est bien le plus curieux et le plus original des aventuriers qui aient défrayé la chronique scandaleuse du XVIIIe siècle.

Descendant d’une famille jadis illustre, mais en pleine décadence, il était en définitive le fils d’un comédien et d’une cantatrice de conduite plus que légère, la belle Giovinetta Farusi, dont le talent et la beauté firent grand bruit en Italie et en Angleterre. Il apportait en naissant les qualités et les défauts qui, selon l’occasion, font les grands hommes ou les pires bandits...

Ce portrait flatteur ouvre le seul « roman d’aventure » que Casanova ait publié de son vivant : le fameux récit de son évasion de la prison de Venise en 1757...

L'album Casanova, par Michel Delon
L'album Casanova, par Michel Delon © Radio France / Gallimard 2015

L’aventurier y révèle son goût inné pour le théâtre, et surtout pour l’art de se mettre en scène, toujours à son avantage, dans un siècle décadent voué au divertissement. Séducteur et joueur, Casanova vit dans l’insouciance du libertinage, sans pressentir les prémisses de la Révolution française.

Né en 1725 à Venise,Giacomo Girolamo Casanova parcourt l’Europe des Lumières, de Rome à Londres, en passant par Paris, Berlin, Saint-Pétersbourg. En quête d’intrigues, il fréquente les bals masqués et les opéras, mais aussi les antichambres du pouvoir et les cellules. On le découvre tour à tour poète, journaliste, impresario, négociant en loterie... On le croit un temps agent secret au service du roi de France. Il termine sa vie comme indicateur de la police vénitienne, celle-là même qui l’a arrêtée pour outrages aux mœurs, vingt ans plus tôt...

Lui qui a toujours vécu sous la protection de riches maîtresses, il voit dans sa vieillesse l’urgence de trouver un « emploi ». Un prince allemand lui offre un poste de bibliothécaire dans son château de Dux, en Bohême. Vivant reclus, et devenu la risée des domestiques, Casanova entreprend, pendant les dix dernières années de sa vie, ce qui deviendra son chef d’œuvre. Jusqu’à sa mort en 1798, il s’attèle à la rédaction de ses « Mémoires » : pour chasser l’ennui, mais aussi revivre une dernière fois les frasques de sa jeunesse... Se rêvant écrivain à la façon de Voltaire, il décide d’écrire en français, comme un ultime pied de nez à son pays natal.

Ce soir, feuilletons quelques-unes des 3600 pages de cette autobiographie épique , qui a fait de Casanova bien plus qu’un mythe, l’incarnation d’un Dom Juan à l’italienne...

Extraits tirés de la collection Pléiade , Gallimard, 2013, sous la direction de Gérard Lahouati et Marie-Françoise Luna (pour le Tome I ) ; et des éditions Robert Laffont, 1993, sous la direction de Francis Lacassin (pour les Tome 2 et 3).

Programmation musicale :

The Divine Comedy, Something For The Weekend

Katyna Ranieri, Casanova

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