Les épreuves du bac de philo approchent... Révisons nos classiques ! Ouvrons "Zadig" de Voltaire, un roman épique et exotique où se déploie toute l’ironie du philosophe.

Portrait de Voltaire (1694 - 1778)
Portrait de Voltaire (1694 - 1778) © Getty / De Agostini / G. Dagli Orti

Extrait de "Zadig ou la destinée"

« Du temps du roi Moabdar, il y avait à Babylone un jeune homme nommé Zadig, né avec un beau naturel fortifié par l’éducation. Quoique riche et jeune, il savait modérer ses passions ; il n’affectait rien ; il ne voulait point toujours avoir raison, et savait respecter la faiblesse des hommes. On était étonné de voir qu’avec beaucoup d’esprit, il n’insultât jamais par des railleries à ces propos si vagues, si rompus, si tumultueux, à ces médisances téméraires, à ces décisions ignorantes, à ces turlupinades grossières, à ce vain bruit de paroles, qu’on appelait conversation dans Babylone. (...) Zadig, avec de grandes richesses, et par conséquent avec des amis, ayant de la santé, une figure aimable, un esprit juste et modéré, un cœur sincère et noble, crut qu’il pouvait être heureux. »

Une croisade contre la bêtise

Ce jeune homme aux vertus prometteuses est le héros d’un célèbre roman qui porte son prénom : Zadig, ou la destinée, né sous la plume d’un grand philosophe du Siècle des Lumières : François-Marie Arouet, dit Voltaire.Publié clandestinement à Amsterdam en 1747, Zadig est une véritable satire sociale, qui dénonce les maux de son époque. Sous l’apparence d’un conte oriental, inspiré des Mille et une nuits alors très la mode, Voltaire part en croisade contre la bêtise, l’intolérance, la corruption et l’injustice de son temps, dont il est victime. En effet, écarté de la Cour de Louis XV par les caprices de la favorite, Madame de Pompadour, l’écrivain trouvera bientôt refuge à Berlin, auprès de Frédéric de Prusse. 

Voltaire, philosophe heureux

Comme son héros malmené par le destin, Voltaire prend donc le chemin de l’exil... Inspiré de « Zadoc », en hébreu, qui signifie « l’homme juste », et de « Sadic », en arabe, qui désigne l’homme sage, Zadig est un faux naïf qui oppose à la violence de la société l’usage de la raison. En philosophe éclairé, il interroge le sens de l’existence, et se veut profondément « optimiste » face à la marche du monde, contrairement à son « cousin », Candide, qui, quelques années plus tard, n’osera plus sortir de son jardin. Ce soir, ouvrons ce roman épique et exotique, où se déploie toute l’ironie de Voltaire. Une ironie joyeuse à propos de laquelle un autre philosophe, Roland Barthes, dira, deux siècles plus tard : « Voltaire est le dernier des écrivains heureux ». _Une émission préparée par Estelle Gapp.
 

Avec les voix de Sacha Guitry, Robert Badinter et Phillipe Sollers (Archives I.N.A.) 

La programmation musicale:

Et si en plus Y'a personne :Jean-Louis Aubert

Assi:  Yasmine Hamdam

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