Hommage à la poésie de Constantin Cavafis. Passionné d'Histoire, le poète grec nous offre des histoires antiques et des émotions fugitives... Marchons sur ses traces, à Alexandrie.

Vue du port d'Alexandrie
Vue du port d'Alexandrie © Getty / Jonathan Blair

Extrait du poème Ithaque, de Constantin Cavafis

Quand tu prendras le chemin d’Ithaque,
Souhaite que la route soit longue,
Pleine d’aventures, pleine d’enseignements [...]
Que nombreux soient les matins d’été
Où – avec quel plaisir et quelle joie ! –
Tu découvriras des ports que tu n’as jamais vus [...]
Visite aussi beaucoup de villes égyptiennes,
Et n’aie de cesse de t’instruire auprès de ceux qui savent.
Garde toujours Ithaque présente à ton esprit.
Y parvenir est ta destination finale.
Mais ne te hâte surtout pas dans ton voyage.
Mieux vaut le prolonger pendant des années ;
Et n’aborder dans l’île que dans ta vieillesse,
Riche de ce que tu auras gagné en chemin,
Sans attendre d’Ithaque aucun autre bienfait.

La poésie de Cavafis

Ce poème, intitulé Ithaque, on le doit à l’une des plus belles plumes grecques du XXe siècle : celle de Constantin Cavafis. Quand il écrit, en 1911, cette magnifique invitation au voyage, le poète a 48 ans ; et cette année marque pour lui le début de sa maturité poétique. Mais, chose étonnante : cet auteur qui parle si bien du voyage n’a rien d’un grand nomade : il est né à Alexandrie en 1863 ; il y est mort soixante-dix ans plus tard, en 1933, et il y a vécu l’essentiel de sa vie.

C’est là, sans doute, la magie de la poésie. En apparence, Constantin Cavafis présente une biographie sans grand relief : celle d’un Grec aisé, issu d’une famille commerçante dans l’Alexandrie cosmopolite d’alors, et qui occupe, pendant trente ans, un même poste au Service de l’Irrigation.

Il faut lire les poèmes de Cavafis pour découvrir ce qu’une biographie officielle laisse de côté. On y rencontre un passionné d’Histoire, amoureux de la langue grecque ; un homme qui se trouble devant la beauté d’un jeune garçon et tente, sans relâche, de sauver les émotions de l’oubli.

Constantin Cavafis, dans Poèmes :

Il faudra attendre que je sois complètement démodé pour me découvrir vraiment.

Et comme pour retarder cette découverte, le poète, de son vivant, a dispersé ses mots à tous les vents : ses poèmes, écrits sur des feuilles volantes, étaient volontiers distribués aux amis et aux disciples. Ce n’est donc qu’après sa mort qu’on a pu reconstituer l’œuvre de Cavafis : pas plus de 200 poèmes, plutôt courts, qui redonnent vie aux oubliés de l’Histoire ou aux émois secrets.

Ce soir, découvrons donc la poésie si singulière de ce Grec d’Alexandrie, mémoire vivante de sa ville…

Références

  • Les poèmes lus dans l'émission sont tous extraits du recueil Poèmes, de Constantin Cavafis, présenté et traduit par Dominique Grandmont aux éditions Gallimard.

  • Extrait du Quatuor d’Alexandrie (tome 1, Justine), de Lawrence Durrell, traduit par Roger Giroux aux éditions Buchet Chastel.

Avec les voix de:

Vassilis Alexakis (Depaysages- 24/09/2002) archive INA

Jacques Lacarrière (Les chemins de la connaissance- 07/06/1990 )archive INA

Dimitri ANALIS (Nuits magnétiques 22/09/1992 ) archive INA

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