Les Irremplaçables est un livre sur la non-linéarité de la vie (...), un livre de moitié de vie. Mais tous les livres de moitié de vie sont des livres de fin de vie. La mort nous a cernés depuis longtemps, et avant la fin de l’enfance, chacun d’entre nous a fait connaissance avec elle. Peut-être est-ce la définition de la fin de l’enfance ? (...)

J’ai grandi sous l’œil. Pas celui de la surveillance. Celui de l’attention. L’œil des parents (...). Une liberté qui s’apprend, au front, immédiatement au front, comme les adultes (...). Ce qui était enseigné, c’était de ne s’illusionner ni sur les autres ni sur soi-même, ce qui était enseigné, c’était la solitude, le fait de savoir que l’on est seul, que l’on sera toujours seul.

Et j’ai mis un certain temps à apprendre à admirer, à inventer l’admiration plutôt. [Pour moi], la voie de l’admiration a suivi le chemin d’émergence des irremplaçables, de ceux qui tentaient l’aventure de l’irremplaçabilité, qui allaient au-devant de leur sujet comme on va au-devant du monde. (...) Il ne s’agira pas de devenir une personnalité, une singularité, comme une injonction à la mise en scène de l’ego. L’enjeu est tout autre : il est relationnel. Se lier aux autres, se lier au sens, se lier au Réel, se lier à l’œuvre, l’éternité des liens comme seule vérité.

Cette voix qui s’élève dans le silence de la solitude, cette voix qui invite à retisser des liens avec autrui, est celle d’une brillante philosophe, spécialiste de la pensée politique et des pathologies de la modernité : Cynthia Fleury , qui signe, en cette rentrée, un magnifique essai, au titre énigmatique : Les Irremplaçables , publié chez Gallimard.

A une époque où le monde du travail broie les individus, et où la société du spectacle en fait de nouvelles idoles, qui sont ces êtres « irremplaçables », dont dépend rien moins que l’avenir de notre démocratie ?

C’est à ces questions philosophiques, politiques, existentielles aussi, que nous allons tenter de répondre ensemble, ce soir, Cynthia Fleury, à travers la lecture de quelques-unes des plus belles pages de votre livre...

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