Embarquons pour le Grand Nord avec le chef d'oeuvre de l'écrivain aventurier, "L'Appel de la Forêt", paru en 1903, un passionnant récit d’aventure.

Jack London (1876 - 1916) en train d'écrire dehors
Jack London (1876 - 1916) en train d'écrire dehors © Getty / Bettmann

Extrait du roman de Jack London

« Buck ne lisait pas les journaux, sinon il aurait su qu’il y avait de l’orage dans l’air, pour lui-même comme pour tous les chiens aux muscles puissants et aux longs poils bien chauds qui habitent le long de la côte de Californie, de Puget Sound à San Diego. Parce que les hommes, tâtonnant dans les ténèbres de l’Arctique, avaient découvert un métal jaune, et que des lignes maritimes et des compagnies de fret transformaient cette découverte en ruée, ils se précipitaient par milliers vers le Grand Nord. Ils avaient besoin de chiens à la puissante musculature pour endurer la besogne, et à l’épaisse fourrure pour se garder du froid. »

Jack le Loup du Grand Nord

En 1897, parmi ces hommes avides de faire fortune, un jeune Américain se lance lui-aussi dans la ruée vers l’or. A 21 ans, il a déjà beaucoup bourlingué : ouvrier à 14 ans, matelot à 17, militant socialiste à 20 ans, celui que l’on surnomme « Le Prince des Pilleurs d’huîtres » ou « Jack le marin » part, comme tant d’autres, à la conquête de l’Alaska. De retour à San Francisco l’année suivante, atteint de scorbut et rongé par l’alcoolisme, il ne ramène de son périple qu’une pincée de poudre d’or, qui lui rapporte la somme de 4 dollars...

Mais le jeune homme, autodidacte, revient riche d’un autre trésor : la matière d’un passionnant récit d’aventure qui lui apportera, six ans plus tard, une renommée internationale. Il s’agit de l’écrivain-aventurier, Jack London, et son célèbre roman, L’Appel de la forêt, paru en 1903.

Un retour aux origines

Ce soir, partons pour le Grand Nord en compagnie de Buck, ce chien domestique qui va s’affranchir de ses chaînes au contact de la nature. Comme son auteur il y a cent vingt ans, découvrons ces contrées hostiles où l’homme et l’animal se trouvent confrontés à leurs instincts primitifs. Car, s’il peut être lu comme un conte initiatique et une quête de liberté, L’Appel de la forêt est surtout l’histoire d’un retour aux origines, inspiré par la théorie de l’évolution qui a marqué la fin du XIXe siècle. Il est donc, plus qu’un roman d’apprentissage, un roman de « désapprentissage », une redécouverte de l’état sauvage...

Pour parcourir cette œuvre qui a révélé le talent de Jack London, j’emprunte la nouvelle traduction de Marc Amfreville et Antoine Cazé, L’Appel de la vie sauvage, publiée dans la collection de la Pléiade, à l’occasion du centième anniversaire de la mort de l’auteur.

Avec les voix de Sylvain Tesson et Michel Lebris (Archives INA)

En épilogue : « L’Appel » de la nature, entendu par le chien Buck, n’est pas sans évoquer une autre « voix », plus symbolique : celle qui appelle Jack London à la vocation d’écrivain. Lui qui fut tour à tour marin et chercheur d’or, « loup des mers » et « loup du Grand Nord », Jack London s’est peut-être, tout au long de son existence, senti comme un loup au milieu des hommes. Souffrant de l’absence d’un père qui ne l’a jamais reconnu, l’homme révolté a souvent cherché à venger son enfance solitaire et pauvre, vécue dans les quartiers malfamés de San Francisco. A la fin de sa vie, devenu riche, l’écrivain se fit construire une somptueuse demeure dans la forêt, qu’il appela « La Maison du Loup »...

Programmation musicale :

  • MAGGIE ROGERS : « ALASKA »
  • MATTHEW AND THE ATLAS : « Glacier »
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