Comment s’étaient-ils rencontrés ? Par hasard comme tout le monde. Comment s’appelaient-ils ? Que vous importe ? D’où venaient-ils ? Du lieu le plus prochain. Où allaient-ils ? Est-ce que l’on sait où l’on va ? Que disaient-ils ? Le Maître ne disait rien, et Jacques disait que son capitaine disait que tout ce qui nous arrive de bien et de mal ici-bas était écrit là-haut...

Ainsi commence l’un des plus célèbres romans d’aventures du XVIIIe siècle : Jacques Le Fataliste et son maître , de Denis Diderot , publié en feuilleton de 1778 à 1786. A la croisée des chemins entre Don Quichotte de Cervantès, et Candide de Voltaire, ce récit plein de péripéties n’est pas seulement la folle épopée d’un valet de comédie. Dans le fond comme dans la forme, il est une longue digression philosophique sur la question de la Providence divine et du libre-arbitre humain. Ainsi donc, tout ne serait pas « pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles », comme le croyait Candide ? Tant mieux, répond Diderot : c’est que l’homme est résolument libre, et « qu’il n’a qu’un seul devoir, celui de se rendre heureux ».

Ce soir, à l’image de son héros impétueux et insaisissable, je vous invite à parcourir quelques pages de l’œuvre inclassable de Diderot, figure emblématique du siècle des Lumière s, et rédacteur inlassable de l’Encyclopédie de d’Alembert.

Né à Langres en 1713 et mort à Paris en 1784, il fut à la fois philosophe, romancier, satiriste, auteur de théâtre, critique d’art et, surtout, un grand amoureux des femmes…

Et pour évoquer ce penseur aux multiples talents, j’ai le plaisir d’accueillir, à mes côtés, un grand ami et grand comédien, camarade de la Comédie Française : bonsoir, Loïc Corbery

Avec les extraits suivants :

  1. Les Bijoux indiscrets (1748) : Diderot libertin : la femme a-t-elle une âme ? et celle-ci est-elle localisée dans les pieds ?
  2. La Lettre aux aveugles (1749) : Diderot critique de Descartes ; l’âme est au bout des doigts…
  3. La Religieuse (1760) : Diderot « l’Incroyant », auteur d’une « satire effroyable de la religion »
  4. Correspondance avec Sophie Volland (1759) : Diderot amoureux
  5. En conclusion : extrait de Jacques et son maître , de Milan Kundera : une réécriture en guise d’exercice d’admiration

Avec les voix de Jacques Rivette, Michel Delon, Elisabeth de Fontenay (Archives Ina)

Programmation musicale :

Jordi Savall : "Les voix"Judith Nelson : "The libertine or The libertine destroyed : We come (Acte V) Quatuor" de Purcell

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