Entrons dans l’univers singulier de Murakami, qui a l’art de jongler entre le rêve et la réalité, la vie et la mort, le quotidien et le fantastique, l’humour et le désespoir…

Haruki Murakami
Haruki Murakami © Maxppp / HENNING BAGGER

Extrait de Danse, danse, danse

« Il n’y a rien d’autre à faire que danser, poursuivit l'homme-mouton. Et danser du mieux qu’on peut. Au point que tout le monde t’admire. Si tu fais ça, alors peut-être pourrai-je t’aider moi aussi. Voilà pourquoi il te faut danser. Danser tant que la musique durera. Danse ! Danse, tant que la musique durera. »

Tel est l’étrange oracle prononcé par « l’homme-mouton », sorte d’avatar du Minotaure, guidant les hommes dans l’inquiétant labyrinthe qu’est devenu le monde moderne.

Cette créature de l’ombre, qui a le pouvoir de relier les personnes entre elles par-delà la vie et la mort, est l’un des personnages fétiches de son auteur, Haruki Murakami.

Haruki Murakami, l’écrivain japonais contemporain le plus lu dans le monde

Auteur de La Ballade de l’impossible, adapté au cinéma par le réalisateur Tran Anh Hung, Murakami est l’écrivain japonais contemporain le plus lu dans le monde.

Parmi ses dernières œuvres, la saga 1Q84 s’est vendue à plus d’un million d’exemplaires en France. Malgré le succès, l’auteur reste discret et fidèle au tempérament de ses héros : des hommes entre deux âges, en état de crise passagère, fleurtant entre désinvolture et sentiment d’impuissance.

Né en 1949 à Kobe de parents professeurs de littérature, Murakami se passionne pour les romanciers américains, et traduit les plus grands noms : Fitzgerald, Chandler, Carver. Amoureux de culture-pop, il devient patron d’un club de jazz dans les années 1970. C’est à l’âge de vingt-neuf ans qu’il découvre sa vocation : lors d’un match base-ball, il décide soudain de tout plaquer pour devenir écrivain. Depuis, il se lève chaque matin à l’aube, et s’adonne à ses 5 heures d’écriture quotidiennes.

Au Japon, on lui reproche son style international, loin de l’esthétique nippone. Après avoir vécu en Europe et aux Etats-Unis, il revient vivre dans son pays natal, mais revendique ainsi son indépendance :

Je ne suis ni occidentalisé, ni traditionnaliste, juste un homme libre

Comme son narrateur, au caractère rêveur et mélancolique, suivons la mystérieuse injonction de l’homme-mouton, et ouvrons ce roman au titre dionysiaque : Danse, danse, danse...

Extraits de la traduction de Corinne Atlan, aux éditions du Seuil, publiée en 1995.

Programmation musicale :

Ray Charles, Born to lose

BOF The Master, No other love

Les archives de l'INA

Corine Atlan , sa traductrice (Carnets nomades 10/02/2006 Colette Fellous)
Haruki Murakami (Les Grandes traversées / Pourquoi Fukushima ?Comment écrire après la catastrophe ? Michel Pomarède 17.08.2012)

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.