À l'occasion du Festival de Cannes, coup de projecteur sur trois réalisateurs mythiques : Alfred Hitchcock, Orson Welles, Elia Kazan... et ouvrons quelques pages du roman qui fonde le cinéma américain !

Elia Kazan en 1977 © AFP - Alfred Hitchcock en 1960 © STF / AFP - Orson Welles en 1941 © RKO Radio Pictures / Collection ChristopheL
Elia Kazan en 1977 © AFP - Alfred Hitchcock en 1960 © STF / AFP - Orson Welles en 1941 © RKO Radio Pictures / Collection ChristopheL

Quelques mots de François Truffaut

« L’art de créer le suspense est en même temps celui de mettre le public « dans le coup » en le faisant participer au film. Reprocher à Hitchcock de faire du suspense équivaudrait à l’accuser d’être le cinéaste le moins ennuyeux du monde, cela équivaudrait encore à blâmer un amant de donner du plaisir à sa partenaire au lieu de ne s’occuper que du sien propre. Quand on regarde attentivement la carrière d’Hitchcock, de ses films muets anglais à ses films en couleur d’Hollywood, on y découvre la réponse à quelques-unes des questions que tout cinéaste doit se poser et dont celle-ci n’est pas la moindre: comment s’exprimer d’une façon purement visuelle? Et cela nous amène à ce paradoxe: Alfred Hitchcock, le cinéaste le plus accessible à tous les publics par la simplicité et la clarté de son travail, est en même temps celui qui excelle à filmer les rapports les plus subtils entre les êtres. »

Ces mots sont ceux du cinéaste François Truffaut que nous pouvons lire dans la préface de ses entretiens avec le « Maître du suspense » à Los Angeles en 1962.

Hitchcock, Welles, Kazan : trois mythes du 7e art

Hollywood nous tend les bras ce soir puisque je vous propose une traversée en compagnie de trois célèbres réalisateurs à l’œuvre et au destin hors du commun : Alfred Hitchcock, et deux autres monstres du 7ème art, Orson Welles et Elia Kazan. 

D’ombres en  jeux de lumières ou de miroirs, ces trois-là ont donné écho à leurs fantasmes, inquiétudes et  terreurs enfantines. 

En mai 1915, lorsqu’ Orson Welles naît dans une famille cultivée du  Wisconsin,  c’est la fin brutale de l’enfance pour Alfred Hitchcock de l’autre côté de l’Atlantique. Il a presque 16 ans, son père est mort prématurément quelques mois plus tôt, et l’Angleterre est en guerre. Alors même que le jeune Alfred commence son premier emploi dans une société londonienne de câbles électriques, Hitchcock étudie le dessin et dévore les journaux de cinéma. 

Le petit Elia, né à Constantinople dans une famille de Grecs d’Anatolie, a 4 ans lorsque  la famille Kazanjioglou, devenant Kazan, gagne New York à l’orée de la première guerre mondiale. Une histoire d’immigration, une histoire américaine qui hantera son cinéma. Petit garçon rusé, il déjouera soigneusement les espoirs de son père de reprendre l’entreprise familiale, les « Kazan et Cie – tapis et couvertures d’Orient ». 

Si Hitchcock et Welles sont deux « tempéraments visuels » comme les appelle François Truffaut, Kazan, co-fondateur de l’Actor Studio, s’inscrit dans la défense d’un jeu psychologique et épique. 

À travers divers entretiens publiés, leurs biographies officielles, et la très belle autobiographie qu’Elia Kazan publia en 1989, ouvrons quelques pages du roman qui fonde le cinéma américain.

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Une émission préparée par Perrine Malinge.

Avec les voix d'Alfred Hitchcock,Elia Kazan et Orson Welles (archives INA) 

Et des extraits des films "Psychose Les oiseaux ,America America, Citizen Kane

La programmation musicale:

EMMA STONE :  Someone in the crowd 

PINK MARTINI :  Whatever will be will be 

YVES MONTAND : Ciné qui chante 

Aller plus loin

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► Il y a quelques étés déjà, France Inter proposait d'écouter les entretiens enregistrés entre François Truffaut et Alfred Hitchcock. Près de 9h d'entretiens passionnants, pour tout connaître de leurs secrets de fabrication.

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