Il suffit de trois fois rien.

Un matin, l’envie me prenant de faire une promenade, je mis le chapeau sur la tête et, en courant, quittait le cabinet de travail ou de fantasmagorie pour dévaler l’escalier et me précipiter dans la rue’ .

Je relis souvent cette phrase de Robert Walser. C’est ainsi que débute son court récit intitulé tout simplement : La Promenade . Il date de 1917. J’en goûte les vertus effervescentes et particulièrement certaines nuances : ‘…je misle chapeau surla tête ’. La phrase de Walser n’a rien de possessif. Cela fait toute la différence. L’envie traverse la tête qui se précipite dans la rue, pour la journée. Gratuitement. (…)

Je repense à Jack Kerouac, de retour après ses jours et ses nuits de patachon. Après les fanfares et les roulements de tambour, écœuré et las de toutes les bouches, de toutes les pâtisseries, (…) Kerouac ne désirait plus qu’une chose, s’allonger dans l’herbe et regarder les nuages, seul au sommet d’une montagne. Ou, mieux encore, rentrer tranquillement en sifflotant, chez sa mère – Mémère – dans sa vieille ville de Lowell, Massachussetts. S’accorder une bonne nuit de repos agréable, traîner toute la journée dans la maison, à méditer ou à écrire, et puis s’asseoir au pied d’un arbre au fond du jardin, et ensuite faire une longue promenade, jusqu’au pont qui enjambe la rivière Merrimack, pour rejoindre le quartier du centre, le billard et les copains.

Aujourd’hui, il me semble que l’on ne peut rien souhaiter de mieux à quiconque, une bonne flânerie, légère, désinvolte, et inutile.

C’était la dernière page d’un livre bouleversant : Je suis pour tout ce qui aide à traverser la nuit , écrit par un auteur-dessinateur-musicien et ami :Fabio Viscogliosi.

fabio viscogliosi
fabio viscogliosi © Domaine public

Il est né en 1965 de parents italiens, mais il vit en France et écrit en français : des bandes dessinées et des récits dans lesquels il raconte sa « vie de garçon ».

Dans ses livres, on croise ses maîtres de pensée, on entend les musiques qui le bercent, les films qui le font rire, et les femmes qui l’ont fait rêver…

Son œuvre est un immense puzzle qu’il faudrait lire, un peu comme le fait Kerouac, tranquillement « au pied d’un arbre au fond du jardin ».

Ce soir, nous allons la découvrir en studio, avec lui...

Avec des extraits de:

Je suis pour tout ce qui aide à traverser la nuit

Mont-blanc

Apologie du slow

(tous les trois édités chez Stock)

Programmation musicale :

Chetty's lullaby, Chet Baker

Il nostro caro angelo, Fabio Viscogliosi

Sogno di fesso, Fabio Viscogliosi

Regarder la nuit passer...
Regarder la nuit passer... © corbis

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Pour découvrir les dessins de Fabio Viscogliosi...

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