Himmler, c’était un Etat dans l’Etat : celui de la délation, de l’inquisition, de la géhenne, de la mort indéfiniment multipliée.

Au-dessus de lui n’existait qu’un chef : Adolf Hitler. De lui, Himmler acceptait les besognes les plus basses, les plus odieuses, les plus aberrantes, aveuglément, joyeusement, dévotement. Car il vénérait, adorait Hitler au-delà de toute mesure. C’était son unique passion. Pour le reste, à l’ancien instituteur terne, chétif, dogmatique, méthodique à l’extrême, on ne connaissait pas un sentiment vif, un désir ardent, une faiblesse. Il suffisait à son bonheur d’être le technicien sans rival en exterminations massives, le plus grand usinier de tourments et de morts en série que l’histoire ait connu.

Ainsi commenceLes Mains du miracle , un roman écrit par Joseph Kessel et publié en 1960.

Les événements qu’il relate ici sont inouïs, presque impensables, mais ils sont pourtant tous vrais.

Ils lui ont été un jour rapportés par un ami, et Kessel a décidé d’en faire un livre.

Il fallait révéler au monde cet épisode méconnu de l’Histoire…

Les Mains du miracle, J.Kessel
Les Mains du miracle, J.Kessel © Domaine public

Cet épisode le voici : en pleine Seconde Guerre Mondiale, un certain Félix Kersten, spécialiste des massages thérapeutiques, est parvenu à sauver des milliers de vies en profitant de la fragilité de l’un de ses patients, le tout-puissant Heinrich Himmler, chef de la Gestapo et bras droit de Hitler.

Le dignitaire nazi souffrait à l’époque de douleurs d’estomac chroniques que rien ne soulageait… Mais son entourage lui fait connaître Kersten, adepte des méthodes tibétaines, qui va réussir à l’apaiser, et à le soigner…

Par la seule force de ses mains, Kersten va peu à peu profiter de cette situation et de la faiblesse de Himmler pour lui demander d’épargner quelques milliers de juifs… Et le bourreau va accepter…

Les Mains du miracle est un document exceptionnel, un livre qui a longtemps été introuvable dans les librairies, mais qui a finalement été réédité en collection Folio en 2013…

Et je vous propose ce soir d’en découvrir quelques extraits…

Après Le Lion la semaine dernière, voici donc un autre grand roman de l’académicien Joseph Kessel pour qui la littérature devait être le miroir des aventures humaines.

Avec les voix de Joseph Kessel, Heinrich Himmler, Arnaud Kersten (archives INA)

Programmation musicale :

Sahra Gorby : "Dos yingele ligt farbrent"Jean Ferrat : "Nuit et brouillard "

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