Après "Le Baron perché" la semaine dernière, je vous invite à découvrir un autre roman du facétieux auteur italien : "Si par une nuit d'hiver un voyageur"...

Italo Calvino à Paris en 1970.
Italo Calvino à Paris en 1970. © Getty / Louis Monier

Tu vas commencer le nouveau roman d’Italo Calvino, Si par une nuit d’hiver un voyageur. Détends-toi. Concentre-toi. Ecarte de toi toute autre pensée. Laisse le monde qui t’entoure s’estomper dans le vague. La porte, il vaut mieux la fermer ; de l’autre côté, la télévision est toujours allumée.

Dis-le tout de suite aux autres :

- Non, je ne veux pas regarder la télévision !

Parle plus fort s’ils ne t’entendent pas :

- Je lis ! Je ne veux pas être dérangé.

Avec tout ce chahut, ils ne t’ont peut-être pas entendu : dis-le plus fort, crie :

- Je commence le nouveau roman d’Italo Calvino !

Te voici donc prêt à attaquer les premières lignes de la première page. Tu t’attends à retrouver l’accent reconnaissable entre tous de l’auteur. Non. Tu ne le retrouves pas. Après tout, qui a jamais dit que cet auteur avait un accent entre tous reconnaissable ? On le sait : c’est un auteur qui change beaucoup d’un livre à l’autre. Et c’est justement à cela qu’on le reconnaît.

Qui mieux qu’Italo Calvino lui-même, pour évoquer sa plume-caméléon ? L’écrivain italien, né en 1923 et disparu en 1985, a produit, comme il s’en amuse dans cet extrait, une œuvre foisonnante et étonnamment variée, passant de l’essai au roman néoréaliste, des fictions scientifiques à l’autoportrait.

La semaine dernière, nous avons tutoyé le ciel en compagnie du Baron perché, un libre-penseur établi dans les arbres pour mieux vivre sa liberté. Pour cette deuxième émission consacrée à Calvino, je vous invite à découvrir un autre grand roman de l’écrivain, dont je viens de vous lire le préambule : Si par une nuit d’hiver un voyageur.

Beaucoup d’auteurs, sans doute, ont rêvé d’écrire un livre-somme, un livre complet, LE livre qui compilerait tous les livres existants… Italo Calvino, lui, y est parvenu à sa manière, avec son humour habituel. Convaincu, je le cite, que « c’est un contresens d’écrire aujourd’hui de longs romans » car « le temps a volé en éclats », l’écrivain italien publie en 1979 ce roman hors-normes, collage de dix débuts d’histoires dans dix univers distincts… histoires passionnantes, mais dont il ne livre, à chaque fois, que le premier chapitre, comme pour mieux inviter son lecteur à inventer la suite. Et justement : entre ces récits que rien ne rassemble a priori, Calvino imagine un personnage, un Lecteur bien sûr, avide, comme vous et moi, de connaître la suite des histoires…

Je vous propose donc, ce soir, d’ouvrir ce livre « mille-feuilles », et de suivre cette quête aux pays des imaginaires.

Extraits de Si par une nuit d'hiver un voyageur, d'après la traduction de Danièle Sallenave et François Wahl (éditions du Seuil).

Disques

  • Raphael Gualazzi : Un mare in luce
  • Vinicio Capossela : I pagliacci

Les Archives de l'INA

La voix d'Italo Calvino est extraite de Un livre ,des voix 19/02/1981 (France Culture)

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