Le 11 août 1914, Franz Kafka commençait à écrire "Le Procès", texte visionnaire, annonciateur des totalitarismes du XXe siècle. Découvrons la nouvelle traduction du chef-d'œuvre de l’écrivain pragois, qui a fait son entrée dans la prestigieuse collection de la Pléiade, chez Gallimard.

Oeuvre "Le procès", de Franz Kafka, 1925
Oeuvre "Le procès", de Franz Kafka, 1925 © Getty / Marka / Contributeur

Quelqu’un avait bien dû calomnier Josef K., car un matin, sans qu’il ait rien fait de mal, il fut arrêté. Ce jour-là, la cuisinière de sa logeuse, qui tous les jours, vers 8 heures du matin, lui montait le petit déjeuner, ne vint pas. ça n’était encore jamais arrivé. K. attendit encore un moment puis, tout à la fois intrigué et affamé, il sonna. Aussitôt, un homme qu’il n’avait encore jamais vu dans cet appartement entra. Il était mince et malgré tout solidement bâti, il portait un habit noir bien ajusté. -  Qui êtes-vous ? demanda K. en se relevant à moitié dans son lit....

Vous aurez peut-être reconnu les premières phrases du Procès, le chef-d’œuvre de Franz Kafka

Le point de départ de ce roman saisissant tient en quelques mots : le jour de son trentième anniversaire, Josef K., un individu sans histoires, est arrêté chez lui, à l’aube. Pourquoi et par qui ? Le motif de cette arrestation, jusqu’au bout, demeure inconnu. Mais page après page, l’histoire de K. nous révèle un univers de plus en plus angoissant, absurde et sans issue.

Né en 1883 à Prague, Franz Kafka – ce n’est pas anodin – étudie le droit. Il commence à écrire Le Procès en 1914, deux ans après sa fameuse nouvelle La Métamorphose. Nous sommes quelques jours seulement après le début de la guerre, et Kafka vient de rompre ses fiançailles avec Felice Bauer. 

Il rédige Le Procès en quelques mois, tout en travaillant à un autre texte célèbre : La Colonie pénitentiaire. Le roman, inachevé, ne sera publié qu’après sa mort, et contre sa volonté : une progression implacable en dix chapitres, qui nous plonge dans un profond malaise. Car Le Procès préfigure avec une incroyable intuition les totalitarismes qui vont suivre.

Le cinéaste, Orson Welles, ne s’y est pas trompé : en 1962, il adapte le roman à l’écran.

Entrons dans ce labyrinthe kafkaïen, grâce à une toute nouvelle traduction de l’allemand, assurée par Jean-Pierre Lefebvre, pour la collection de la Pléiade, chez Gallimard.

Les extraits sonores 

  • Aharon Appelfeld : "Kafka a vu la Seconde Guerre Mondiale sans l’avoir vécue", Tout arrive - France Culture, le 17 octobre 2005 (archive INA)
  • Milan Kundera : "Kafka a été le prosateur qui a  introduit le pouvoir de l’imagination  dans  le roman, en cela, il  fait partie de la grande révolution de l’Art moderne", dans Un Homme, une Ville - France Culture du 08/08/1978 (archive INA)
  • Extraits du film Le Procès, réalisé par Orson Welles en 1962.

La musique

Float  - Kafka

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