Découvrons la nouvelle traduction du chef d'oeuvre de Franz Kafka, qui a fait son entrée dans la prestigieuse collection de la Pléiade. Un texte visionnaire, qui annonce les totalitarismes du XXe siècle...

Oeuvre "Le procès", de Franz Kafka, 1925
Oeuvre "Le procès", de Franz Kafka, 1925 © Getty / Marka / Contributeur

Quelqu’un avait bien dû calomnier Josef K., car un matin, sans qu’il ait rien fait de mal, il fut arrêté. Ce jour là, la cuisinière de sa logeuse, qui tous les jours, vers 8 heures du matin, lui montait le petit déjeuner, ne vint pas. Ca n’était encore jamais arrivé. K. attendit encore un moment puis, tout à la fois intrigué et affamé, il sonna. Aussitôt, un homme qu’il n’avait encore jamais vu dans cet appartement entra. Il était mince et malgré tout solidement bâti, il portait un habit noir bien ajusté. -  Qui êtes-vous ? demanda K. en se relevant à moitié dans son lit....

Vous aurez peut-être reconnu les premières phrases du Procès, le chef-d’œuvre de Franz Kafka. Le point de départ de ce roman saisissant tient en quelques mots : le jour de son trentième anniversaire, Josef K., un individu sans histoires, est arrêté chez lui, à l’aube. Pourquoi ? par qui ? Le motif de cette arrestation, jusqu’au bout, demeure inconnu. Mais page après page, l’histoire de K. nous révèle un univers de plus en plus angoissant, absurde et sans issue.

Né en 1883 à Prague, Franz Kafka – ce n’est pas anodin – étudie le droit. Il commence à écrire Le Procès en 1914, deux ans après sa fameuse nouvelle La Métamorphose. Nous sommes quelques jours seulement après le début de la guerre, et Kafka vient de rompre ses fiançailles avec Felice Bauer. 

Il rédige Le Procès en quelques mois, tout en travaillant à un autre texte célèbre : La Colonie pénitentiaire. Le roman, inachevé, ne sera publié qu’après sa mort, et contre sa volonté : une progression implacable en dix chapitres, qui nous plonge dans un profond malaise. Car Le Procès préfigure avec une incroyable intuition les totalitarismes qui suivront…

Le cinéaste Orson Welles ne s’y est pas trompé : en 1962, il adapte le roman à l’écran.

Entrons donc ce soir dans ce labyrinthe kafkaïen… dans une toute nouvelle traduction de l’allemand assurée par Jean-Pierre Lefebvre, pour la collection de la Pléiade, chez Gallimard.

La programmation musicale

Float :Kafka 

Les extraits sonores 

Aharon Appelfeld: Kafka a vu la seconde Guerre Mondiale sans l’avoir vécue , Tout arrive - France culture 17 octobre 2005 (archive INA)

Milan Kundera : Kafka a été le prosateur qui a  introduit le pouvoir de l’imagination  dans  le roman  , en cela ,il  fait partie de la grande révolution de l’art moderne

Un homme une ville- France culture  08/08/1978 (archive INA)

Ainsi que des extraits du film _Le procès  _réalisé par Orson Welles

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