Découvrons ce roman d’aventure, chef d’œuvre du genre, remis au goût du jour par la très vivante traduction de Jean-Jacques Greif aux éditions Tristram.

Carte au trésor
Carte au trésor © Getty / wragg

Extrait de “L'Île au trésor”

Jim, me dit Billy Bones, tu es le seul ici qui vaut kekchose ; et tu sais que j’ai toujours été bon pour toi. Regarde, comme mes doigts dansent. J’peux pas les tenir tran­quilles. J’ai pas eu une goutte de rhum de toute la sainte journée. Ce docteur est un idiot, j’te dis. Si j’bois pas une gorgée de rhum, j’aurai les lucinations. Ça a djà commencé. J’ai vu le vieux Flint dans l’coin, là, derrière toi ; comme si son portrait serait imprimé sur le mur, je l’ai vu… Ecoute bien, mon gars, ils sont après mon vieux coffre marin ; tout l’équipage du vieux Flint, hommes et moussaillons. C’était moi, l’second du vieux Flint, et j’suis le seul qui sait l’endroit. Il me l’a confié à Savannah, l’était en train d’crever, comme moi maintenant, tu vois. Alors ouvre l’œil, Jim...

Où l'on peut entendre la langue fleurie des flibustiers

C’est avec l’évocation du plus grand butin de tous les temps de mémoire de pirate, que s’ouvre L’Île au Trésor, magnifique roman de l’écrivain voyageur Robert Louis Stevenson, paru en 1883. Bientôt emporté par son goût immodéré pour le rhum, Billy Bones, qui fut le second du légendaire Capitaine Flint, laisse derrière lui le précieux parchemin. Et c’est ainsi que Jim Hawkins, le fils de l’aubergiste chez qui le corsaire est venu finir ses jours, hérite de la fameuse carte et se lance dans l’aventure. Autour de Jim, l’adolescent vierge de toute expérience qui est le narrateur de cette histoire, se dessine un univers flamboyant, fait de vagues hautes comme des murs, de voiles gonflées par les vents, d’île sauvage, et de rêve de trésorUn monde peuplé de pirates sanguinaires, de marins balafrés, tatoués et blanchis par le sel, saoulés au rhum, qui manient les mots comme le sabre.

Et c’est le tour de force de cette nouvelle traduction, signée Jean Jacques Greif qui vient de paraître aux éditions Tristram, que de donner à entendre la langue fleurie des flibustiers et la vivacité du style de l’auteur qui n’a pas pris une ride depuis un siècle et demi

La soif de l’or et le mirage de la fortune aveuglent tout un chacun : marins, pirates ou notables… Mais le véritable trésor n’est-il pas au fond, celui que nous livre le merveilleux conteur qu’est Stevenson, à savoir le récit de cette aventure, transmis avec une joie communicative par la voix de Jim Hawkins ? Nous voilà donc embarqués à ses côtés, écoutons-le se remémorer avec passion cet épisode de sa jeunesse.

La programmation musicale

  • David Solinas – "Le Flibustier étourdi"
  • Sting – "The Pirate's Bride"
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.