Poursuivons notre voyage en Russie, à travers le portrait en vers d'un célèbre mondain, sous la plume de Pouchkine, qui fut l'un des révolutionnaires Décembristes dont parle Tolstoï dans "Guerre et Paix", que nous avons lu la semaine dernière.

Gravure représentant Alexander Pouchkine (1799 - 1837), publiée en 1882
Gravure représentant Alexander Pouchkine (1799 - 1837), publiée en 1882 © Getty / Zu_09

Extrait d'Eugène Onéguine

Le soir, déjà ; son traîneau glisse, 

Si vite qu’il effraie les gens ;

Le givre luit sur sa pelisse

Et tremble en poussière d’argent. (...)

La  foule attend ; les loges brillent ; 

Fauteuils, parterre, tout reluit ;

Le poulailler, pressé, frétille, 

Et, s’élevant, le rideau bruit. (...)

Tout applaudit. Entre Onéguine...

Vous aurez peut-être reconnu ce jeune aristocrate qui vole dans la nuit de Pétersbourg… Eugène Onéguine, le personnage du chef-d’œuvre de Pouchkine

En Russie, chacun connaît par cœur des extraits de ce formidable roman en vers.

Une superbe fresque de la Russie

Quand Pouchkine s’attelle à ce poème monumental, en 1823, il a seulement vingt-quatre ans. Jugé dangereux par le Tsar, il a dû quitter Petersbourg pour la Bessarabie, une province périphérique de l’Empire russe. 

L’écriture d’Eugène Onéguine s’étale sur sept ans – le texte est publié par fragments, chapitre après chapitre, avant d’être édité en 1833. 

Dans ce long roman en vers, le narrateur nous conte les aventures d’un ami à lui, Onéguine, dit Evguéni, jeune mondain de Petersbourg. Mais l’œuvre ne se résume pas à cette intrigue : Pouchkine s’amuse, glisse des apartés à ses lecteurs, et – surtout – nous offre une superbe fresque de la Russie. 

Et puis, il y a cette langue :  le poète invente une strophe originale, de 14 vers. Une langue virtuose, à laquelle la merveilleuse traduction d’André Markowicz, aux éditions Actes Sud, rend pleinement justice.

►►► Guillaume Gallienne lit la Lettre de Tatiana

La musique

  • Eugene Oneguine : Kagda by zhyzn (acte I) air d'Eugene Oneguine , opéra de Piotr Ilitch  Tchaïkovski, par Andrzej Hiolski
  • Eugène Onéguine, op 71 : Onéguine reçoit la lettre de Tatiana, opéra de Serge Prokofiev, par Boris Stetsenko. 
  • The Cold Song par Laurent Voulzy.

Les archives de l'INA

  • Henri Troyat dans l'émission, Les Guetteurs du Siècle, du 4 novembre 1990,
  • André Markovicz, dans l'émission, A voix nue, du 19/10/2005, sur France Culture.
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