Dans cette émission, Guillaume Gallienne nous fait redécouvrir les œuvres respectives de Rimbaud et Verlaine, non seulement à travers leurs poèmes, mais aussi leur correspondance.

«  Je est un autre. J'assiste à l'éclosion de ma pensée : je la regarde, je l'écoute : je lance un coup d'archet : la symphonie fait son remuement dans les profondeurs, ou vient d'un bond sur la scène.

La première étude de l'homme qui veut être poète est sa propre connaissance, entière ; il cherche son âme, il l'inspecte, il la tente, l'apprend. 

Dès qu'il la sait, il doit la cultiver. Je dis qu'il faut être voyant, se faire voyant. Le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens… »

Ce texte visionnaire est l'oeuvre d'un génie, un jeune homme de dix-sept ans, Arthur Rimbaud

À l'époque, ce fervent lecteur de Victor Hugo ne se doutait pas qu'il écrivait le manifeste de la poésie moderne. Ces quelques lignes sont extraites d'une lettre, rédigée le 15 mai 1871 et adressée à son ami, le poète Paul Demeny. 

Cela fait déjà deux ans que Rimbaud écrit des poèmes. Il a pour projet de "révolutionner" le langage poétique, ou plutôt de le "dérégler", d'en montrer toutes les facettes et toutes les couleurs. Il y parviendra, et laissera à la postérité des chefs-d'œuvre tels que Une Saison en Enfer, ou Les Illuminations.

Reste aussi, et surtout, le mythe de Rimbaud, et celui de sa relation passionnée avec le poète Paul Verlaine, de dix ans son aîné. Ils se rencontrent à l'automne 1871, et se déparent deux ans plus tard après une violente dispute. Rimbaud partira sur les routes d'Orient, et Verlaine, en Belgique, puis en France, et va se détruire à petit feu.

Découvrons donc les œuvres respectives de ces deux "poètes maudits", à travers leurs poèmes, mais aussi leur correspondance.

  • Voyelles, extrait de Poésies, d'Arthur Rimbaud (1870) : à la recherche d'une poétique de la sensation,
  • Le Bateau Ivre, extrait de Poésies, d'Arthur Rimbaud (1871), ce poème est lu par le comédien, Denis Lavant,
  • Ariettes oubliées, extrait de Romances sans Paroles, de Paul Verlaine (1870). Le poète tiraillé entre sa femme et l'amour qu'il porte à Rimbaud,
  • Correspondance : lettre du 3 juillet 1873 de Verlaine à Rimbaud, suivie de deux lettres de Rimbaud à Verlaine, datées du 4 et 5 juillet 1873,
  • Ouverture du recueil, Une Saison en Enfer, d'Arthur Rimbaud, (1873),
  • La Vierge Folle, second extrait du recueil, Une Saison en Enfer, d’Arthur Rimbaud, (1873),
  • Art Poétique, extrait de Jadis et Naguère, de Paul Verlaine (1884),
  • Laeti et Errabundi, extrait de Parallèlement, de Paul Verlaine (1889), ce poème est lu par le comédien, Clément Hervieu-Léger.

Archives INA

Avec les voix de Paul Léautaud, Maria Casarès et Jean Paulhan.

Programmation musicale

  • Léo Ferré - On n'est pas sérieux quand on a 17 ans
  • Charles Trenet - Verlaine
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