Je m’appelle Ishmaël. Il y a quelques années, sans préciser davantage, n’ayant plus d’argent ou presque et rien de particulier à faire à terre, l’envie me prit de naviguer encore un peu et de revoir le monde de l’eau. C’est ma façon à moi de chasser le cafard et de me purger le sang. Quand je me sens des plis amers autour de la bouche, quand mon âme est un bruineux et dégoulinant novembre, quand je me surprends arrêté devant une boutique de pompes funèbres ou suivant chaque enterrement que je rencontre, et surtout lorsque mon cafard prend tellement le dessus que je dois me tenir à quatre pour ne pas, délibérément, descendre dans la rue pour y envoyer dinguer les chapeaux des gens, je comprends alors qu’il est grand temps de prendre le large. Ca remplace pour moi le suicide. Avec un grand geste, le philosophe Caton se jette sur son épée, moi, tout bonnement, je prends le bateau. Rien de surprenant à ça. Chaque homme, à quelque période de sa vie, a eu la même soif d’Océan que moi.

C’était un extrait du chapitre I de Moby Dick , le célèbre roman d’Herman Melville.

Le dernier combat avec Moby Dick
Le dernier combat avec Moby Dick © Domaine public

Moby Dick est une baleine blanche, un monstre marin insaisissable qu’un homme, un seul, veut absolument capturer… Il s’appelle Achab et c’est le capitaine du Péquod , un vaisseau magistral qui traverse les mers du globe à la recherche de l’animal…

Sombre et tyrannique, Achab est prêt à tout pour se venger de la bête qui lui a coupé la jambe…

Parmi son équipage se trouve Ishmael, un vagabond qui n’a qu’un seul désir : fuir la société des hommes, et se perdre dans l’immensité des océans. En s’engageant sur le baleinier, ce héros mélancolique ne va pas seulement découvrir les techniques de la chasse : il fera aussi l’expérience de l’amitié, de l’attente, et de la mort…

Ce soir, découvrons sans plus attendre ce roman prodigieux, qui mêle la fiction au récit scientifique.

Son auteur, l’américain Melville, fut lui-même un grand voyageur qui a passé de longues années en pleine mer. Et pour écrire cette histoire, il s’est non seulement inspiré de sa propre expérience de marin, mais aussi d’un fait divers, survenu en 1839 : une baleine blanche aurait fait sombrer tout un équipage en plein Pacifique, ne laissant aucun survivant…

Avec les extraits suivants :

1. Exergue : Chapitre I

  1. Chapitre IX

  2. Chapitre X

  3. Chapitre XVI

  4. Chapitre XXVIII

  5. Chapitre XLI

  6. Chapitre XXXVII

  7. Chapitre LI

  8. Chapitre CXXXIII

  9. Chapitre CXXXV

Programmation musicale :

Henri Salvador : "J'ai vu"Funk for sale : "Ocean game"

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