Jusqu’à sa mort, en 1817, la romancière anglaise écrira inlassablement, retouchera les chapitres de ses romans, et s’interrogera encore et toujours sur le sentiment amoureux. C’est la question centrale de ses livres, celle qui taraude ses héroïnes éprises de liberté. Elle se moque aussi très bien de toute chose morale.

Portrait de l'écrivaine anglaise Jane Austen (1775-1817) Gravure tirée du livre "Portrait gallery of eminent men and women of Europe and America" par le biographe Evert Augustus Duyckinck (1816-1878). 1893, vol. 1
Portrait de l'écrivaine anglaise Jane Austen (1775-1817) Gravure tirée du livre "Portrait gallery of eminent men and women of Europe and America" par le biographe Evert Augustus Duyckinck (1816-1878). 1893, vol. 1 © AFP / Leemage

La légende la décrit guindée, pas très jolie, et même vieille fille… Qu’importe : dans ses livres, elle critique surtout les conventions de son temps, le mariage notamment…Dans l’Angleterre du début du XIXème siècle, une jeune fille doit se marier, c’est une obligation, ce par quoi elle peut exister dans le monde. Mais les sœurs Dashwood, Emma, Catherine Morland, et surtout Elizabeth Bennet, rêvent d’autre chose : d’amour et de passion…Tout au long des six romans qu’elle écrit, Jane Austen s’applique donc à raconter les liens qui se tissent entre ces demoiselles et leurs potentiels futurs époux. Les intrigues se ressemblent, et pourtant, à chaque fois, la romancière esquisse une nouvelle histoire, et creuse son étude de la nature humaine.Ce soir découvrons ses romans les plus célèbres et les plus drôles : 

  • Raison et sentiments
  • Emma, 
  • Persuasion
  • Orgueil et préjugés

Elle est morte à quarante ans. Elle était encore soumise à ces changements qui donnent tant d’intérêt aux dernières années de la carrière d’un écrivain. Sans aucun doute, son entrain, sa force irrépressible, la vitalité de son imagination créatrice, lui auraient permis de continuer à écrire, si elle avait vécu, et l’on est tenté de se demander si elle n’aurait pas écrit différemment. Elle aurait inventé une méthode, claire et tranquille comme toujours, mais plus pénétrante et évocatrice, pour communiquer non seulement ce que disent les gens, mais ce qui n’est pas dit ; non seulement ce qu’ils sont, mais ce qu’est la vie. 

Elle aurait pris de la distance par rapport à ses personnages, les aurait vus plus en groupe, moins en tant qu’individus. Sa satire, moins souvent utilisée, aurait été plus rigoureuse, plus stricte. Elle aurait été le précurseur de Henry James et de Proust – mais cela suffit. Ces spéculations sont vaines. L’artiste la plus parfaite parmi les femmes, l’écrivain dont les livres sont immortels, est morte au moment même où elle commençait à croire qu’elle réussirait.

Avec les extraits suivants 

  1. Sense and sensibility  (1811), chapitre IX : Marianne Dashwood rencontre Willoughby2. Northanger Abbey  (posthume), chapitre II : la deception de Catherine qui assiste à son premier bal.3. Orgueil et préjugés  (1813), chapitre I : portrait de Mrs Bennet4. Orgueil et préjugés , chapitre XXXIV : la déclaration d’amour de Darcy à Elizabeth5. Emma  (1815), chapitre XVI : réflexion d’Emma sur les sentiments de Mr Elton6. Persuasion , chapitre XXIII : discussion entre Anne et Harville au sujet des sentiments amoureux.

Programmation musicale : 

- JOHN DOWLAND "Weep you no more, sad fountains"

- MELODY GARDOT "All that i need is love"

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