Après l'aventure, découvrons les grands articles engagés du journaliste Jack London

Jack London
Jack London © Getty

« Et vous, jeune écrivain, avez-vous quelque chose à dire, ou bien croyez-vous simplement que vous avez quelque chose à dire ? Si vos pensées ont de la valeur, vos écrits en auront aussi. Mais si votre expression est faible, c’est que votre pensée est faible ; si elle est étriquée, c’est parce que vous êtes étriqué. En ce cas, comment pouvez-vous faire naître l’ordre du chaos ? Vous devez étudier. Vous devez en arriver à lire avec compréhension ce qui s’inscrit sur le visage de la vie. Vous devez connaître l’esprit qui pousse à l’action les individus et les peuples, qui fait naître les grandes idées. Et travaillez. Ecrivez ce mot en majuscule, TRAVAIL, TRAVAIL, tout le temps. Les trois grands principes sont : BONNE SANTE, TRAVAIL, et une PHILOSOPHIE DE LA VIE. Je pourrais en ajouter un quatrième : la SINCERITE. Sans cette dernière, les trois précédents ne servent à rien. Avec elle seulement, vous pourrez accéder à la grandeur et siéger parmi les géants. »

Ces conseils à un jeune écrivain, rédigés en 1903, sont ceux d’un célèbre romancier américain, qui connaît alors son premier succès littéraire : il s’agit de Jack London, qui publie cette année-là son plus beau récit d’aventures, L’Appel de la forêt, que j’ai eu le plaisir de vous lire la semaine dernière.

Né en 1876 d’un père qui ne l’a jamais reconnu, élevé dans les quartiers pauvres de San Francisco, Jack London a dû travailler très tôt pour survivre : enfant, il fut garçon de ferme, crieur de journaux, ouvrier à la chaîne. Puis, adolescent, nourris de ses lectures de Kipling, Melville, Stevenson, il part pour l’aventure : comme pirate, d’abord, sillonnant la baie du Sacramento, puis comme marin pour une expédition de chasse aux phoques dans l’Arctique.

A son retour, en 1893, à l’âge de 17 ans, il publie une première nouvelle, inspirée de son expédition maritime, qui lui rapporte vingt-cinq dollars. Une fortune pour le jeune homme, alors employé comme pelleteur de charbon, et payé 30 dollars par mois ! Il décide de ne plus se soumettre à la violence du travail par les « muscles », mais de vivre de « son cerveau ». Dès lors, il s’impose une tâche qu’il respectera toute sa vie : écrire mille mots par jour. Autodidacte, il se forme aux grands penseurs de son époque - Darwin, Marx -, et milite pour la cause socialiste. Il décroche son entrée à l’université de Berkeley, mais quitte très vite ce milieu confiné. L’homme d’action a besoin de grands horizons. En 1897, à l’âge de 21 ans, il part pour la ruée vers l’or dans le Grand Nord, et en revient bredouille. Qu’importe, l’aventurier rêve de reprendre la mer...

Ce soir, pour cette seconde émission consacrée à Jack London, laissons-nous guider par son tempérament de pionnier, et suivons l’écrivain engagé, qui se donne pour ambition (je cite) « de se consacrer au peuple du monde »...

Avec les extraits suivants :

1. Le Peuple de l’abîme (traduction de Véronique Béghain, collection La Pléiade, 2016) : le premier « reportage » sur la « jungle » des villes

2._ La Corée en feu_ (traduction de Louis Postif, , collection 10/18, 1982) : Jack London, reporter de guerre

3. Yours for the revolution (traduction de Jacques Parsons, collection 10/18, 1977) : Jack London, militant socialiste

4. "San Francisco n'est plus" : l'article que Jack London publie sur le tremblement de terre de San Francisco en 1906 (extrait du recueil L’Humanité en marche, collection 10/18, traduction de Jacques Parsons, Francis Lacassin et Charles Noël Martin, 1986)

5. La Croisière du Snark (traduction de Louis Postif et Charles-Noël Martin, éditions Phébus, 2006) : Jack London, ethnologue

6. Le Mexicain, nouvelle publiée en 1911 (traduction de Clara Mallier, collection de la Pléiade, 2016) : Jack London, journaliste sportif

7. L'avenir du cinéma, article publié dans Magazine de la Paramount, en 1915 (extrait du recueil Profession écrivain, traduction de Francis Lacassin, collection 10/18, 1980) : Jack London, cinéaste

Avec les voix de Jean-Marie Le Clézio et Michel Lebris (Archives INA)

Programmation musicale :

- Louis Arti, "Pas né pour perdre"

- Jacques Brel, "Les Marquises"

- Damien Rice, "9 crimes"

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