• Est-ce qu’il y a beaucoup d’hommes qui se tuent, papa ?
  • Pas beaucoup, Nick.

  • Est-ce que c’est dur de mourir, papa ?

  • Non, je crois que c’est assez facile, Nick. Ça dépend.

Ils étaient assis dans le bateau, Nick à l’arrière, et son père ramait. Le soleil s’élevait au-dessus des collines. Un poisson sauta, faisant un cercle sur l’eau. Nick laissait traîner sa main dans l’eau qui paraissait chaude avec ce froid vif du matin. Dans le petit jour de l’aube, sur le lac, assis à l’arrière du bateau où son père ramait, il se sentait tout à fait sûr de ne jamais mourir.

Ernest Hemingway (1923)
Ernest Hemingway (1923) © Radio France

Ainsi commencent les aventures de Nick Adams, un jeune garçon qui fait l’apprentissage de la vie et de la mort auprès de son père médecin, en visite chez les Indiens Ojibways. La scène se passe au Nord du Michigan, en 1905. L’auteur de cette nouvelle, qui marque le début d’un vaste projet autobiographique, n’est autre que l’un des plus grands romanciers américains du XXe siècle, qui fut également journaliste et correspondant de guerre : il s’agit d’Ernest Hemingway .

Auteur de chef d’œuvres comme Le Soleil se lève aussi ouPour qui sonne le glas , il signe en 1953 ce qui deviendra un best-seller mondial, Le Vieil homme et la mer , et se voit récompensé, l’année suivante, par le prix Nobel de Littérature .

Ce soir, redécouvrons l’œuvre de l’un des plus célèbres représentant de la « Génération perdue », expression qui désigne, dans les Années Folles, les jeunes traumatisés par la Première guerre mondiale. Suivons les péripéties de cet Américain qui, à Paris, fut un ami de Francis Scott Fitzgerald, mais aussi un combattant infatigable, engagé dans les grands conflits de son époque , de la Guerre de 14-18, à la Seconde Guerre Mondiale, en passant par l’Espagne…

Né en 1899, Ernest Hemingway incarne la figure de l’écrivain aventurier, amateur de boxe, de tauromachie et de pêche. Affaibli par la maladie, il met fin à ses jours en 1961, réalisant l’étrange et prophétique fascination de son personnage, Nick Adams, pour le suicide…

Avec les extraits suivants :

  1. L'Adieu aux armes (Gallimard, 1948, traduction Maurice-Edgar Coindreau)

  2. Pour qui sonne le glas ? (Gallimard, 1969, traduction Denise Van Moppès)

  3. En ligne, choix d'articles et de dépêches (Gallimard, 1967, traduction Georges Magnane)

  4. Paris est une fête (Gallimard, 1964, traduction Marc Saporta)

  5. Le Soleil se lève aussi (Gallimard, 1926, traduction Maurice-Edgar Coindreau)

  6. Le Vieil homme et la mer (Gallimard, 1953, traduction Jean Dutourd)

Avec la voix de Ernest Hemingway (Archives Ina)

Programmation musicale :

Silverte Vargas : "Como fue" Paul Anka : "Les filles de Paris "

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