Le Seigneur : Connais-tu Faust ?

Méphistophélès : Le docteur ?

Le Seigneur : Lui-même, mon serviteur !

Méphistophélès : En vérité ! Celui là Vous sert d’étrange manière. Ce fou ne mange ni ne boit rien de terrestre. La fermentation de son esprit le pousse sans cesse au loin, et lui-même se rend compte à moitié de sa folie. Que pariez-Vous ? Celui là, vous le perdrez encore, si Vous m’autorisez à le conduire doucement dans mes voies.

Le Seigneur : L’activité de l’homme peut trop aisément se relâcher, il aime céder au repos sans limite ; c’est pourquoi je lui donne volontiers le compagnon qui stimule, opère et doit agir en diable. Eh bien, fais-en ton affaire !

Méphistophélès : Là, je Vous en remercie ! L’affaire ne sera pas longue. Je n’ai aucune crainte pour mon pari. Si je parviens à mes fins, Vous me permettrez un triomphe à pleine gorge ! Il faut qu’il morde la poussière, et avec délice, comme mon cousin, le serpent.

C’est sur cet étrange « pari » entre Dieu et le Diable, que s’ouvreFaust , l’une des pièces les plus célèbres du grand écrivain allemand, Johann Wolfgang von Goethe . L’oeuvre emprunte son titre au nom d’un alchimiste du 16ème siècle, héros d'un conte populaire. Goethe a consacré une longue partie de sa vie à la réécriture de ce mythe aux accents fantastiques, qui met en scène l’une des grandes tentations de l’homme : passer un pacte avec le Diable, qui lui offrirait, en échange de son âme, l’amour éternel et la connaissance des secrets du monde.

Intégrale de Faust,éditions Bartillat, 2012
Intégrale de Faust,éditions Bartillat, 2012 © Radio France

Ce soir, découvrons l’histoire de ce Docteur Faust, un savant respectable, qui voit sa vie bouleversée par la passion. Tout se joue autour d’une rencontre inquiétante : celle de Faust, l’homme de raison, avec une créature irrationnelle, le Diable, qui apparaît sous le nom de Méphistophélès. Ces deux personnages symbolisent la lutte entre le bien et le mal, mais aussi l’opposition entre la pensée et l’action. Car, au-delà d’une réflexion philosophique sur la place de l’homme dans la Création, l’œuvre peut aussi se lire comme un roman d’aventure , plein de péripéties, qui précipitent le savant dans l’action, et le conduiront du Ciel en Enfer…

Et pour m’accompagner dans ces pérégrinations diaboliques, j’ai le plaisir d’accueillir, à mes côtés, deux jeunes comédiens, pensionnaires de la Comédie-Française : bonsoir, Adeline d'Hermy et Stéphane Varupenne... Adeline interprètera la belle Marguerite, et Stéphane, l'inquiétant Méphistophélès...

Extrait de la traduction de Jean Lacoste et Jacques Le Rider aux éditions Bartillat .

Programmation musicale :

Radiohead, Paranoid Android

Mélanie de Biasi, Down

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