Embarquons dans "La Machine à explorer le temps", le premier roman et premier chef-d'oeuvre de H.G. Wells, qui aimait "flanquer la frousse à ses lecteurs..."

L'écrivain britannique H.G.Wells, père de la science-fiction contemporaine
L'écrivain britannique H.G.Wells, père de la science-fiction contemporaine © Getty / Corbis Historical

Extrait d' "Un homme de tempérament", biographie d'H.G.Wells par David Lodge

"En 1894, je me trouvai à court d’argent. Ce fut une période difficile. Jane et moi attendions mon divorce, et nous étions partis vivre à Londres en raison de sa santé, qui était délicate, comme d’ailleurs l’était la mienne... Bref, telle était la situation quand j’ai déterré une histoire ébauchée dans le passé, Les Argonautes de l’espace – pas très accrocheur comme titre, hein ? Je l’ai complètement réécrite et renommée La Machine à explorer le temps. Par chance, l'un de mes anciens protecteurs prit mon manuscrit comme feuilleton. Il m’en offrit cent livres. Cent livres ! C’était pour nous une fortune. Et quand cette histoire fut publiée sous forme de livre, elle connut un succès considérable. Je me rappelle qu’un magazine avait dit : « Mr H. G. Wells est un génie » Pour un premier roman, on ne pouvait pas rêver mieux, n’est-ce pas ?"

Le père de la science-fiction

Cette confidence du grand romancier britannique, Herbert George Wells, est extraite de la biographie que lui consacre l’un de ses admirateurs actuels les plus inattendus : le satiriste anglais David Lodge. Dans son livre, Un homme de tempérament, l’auteur rend hommage à celui qu’il admire et qu’il aurait aimé être : un penseur engagé et visionnaire, un écrivain au talent prophétique. Un grand amoureux des femmes, aussi, qui a défié la société victorienne en prônant l’amour libre. 

Né en 1866 dans la banlieue sud de Londres, mort en 1946 à la veille de ses 80 ans,  H. G. Wells est une personnalité hors norme. Adolescent, il doit subvenir aux besoins de sa famille et devient apprenti chez un marchand de tissus. C’est là qu’il découvre l’inégalité sociale, et que naissent ses convictions socialistes

Après la séparation de ses parents, il vit auprès de sa mère, gouvernante, dans une riche maison de campagne, où le jeune Wells découvre les trésors de la bibliothèque. Il se passionne pour La République de Platon, et s’initie aux progrès de la science

David Lodge dira de lui : 

H. G. Wells est un autodidacte qui a voulu changer le monde.

Mais  à défaut de changer le monde, son œuvre offre surtout une projection de ce que pourraient devenir les choix politiques de son époque : que deviendront le socialisme et la lutte des classes dans les siècles futurs ? Où la théorie de l’évolution, découverte vingt ans plus tôt par Darwin, mènera-t-elle l’homme ? 

Ce soir, ouvrons le premier « récit d’anticipation » qui a fait la célébrité et la fortune de l’écrivain. Héritier du fantastique d’Edgar Poe, grand lecteur de son homologue français Jules Verne, Wells est aujourd’hui considéré comme le père de la science-fiction, même si le terme de « science-fiction » n’apparaît qu’en 1929, dans une revue spécialisée...

Mais revenons à l’année 1895, et embarquons dans cette fabuleuse Machine à explorer le temps...

Références

Extraits de la traduction de Henry D. Davray, éditions du Mercure de France, 1899.

Programmation musicale :

  • Home Video, Confession of a time traveler 
  • Cassandra Wilson, Time after time 

Avec des extraits du film La Machine à explorer le temps  réalisé par George Pal en 1960

Pour prolonger la lecture : 

La BNF organise une exposition consacrée à la science-fiction :  Le Merveilleux scientifique, une science-fiction à la française. Une exposition qui durera du 23 avril au 25 août 2019.

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