Deuxième volet de notre hommage à Jim Harrison, grand maître de la littérature américaine. Ce soir, découvrons

Jim Harrison à Saint Malo au Festival Etonnants voyageurs
Jim Harrison à Saint Malo au Festival Etonnants voyageurs © Getty / Raphael Gaillarde

Une femme solitaire roule en voiture – c’est fou ce qu’elle parcourt comme kilomètres. Nulle errance plombée, nulle fuite de soi : elle va toujours quelque part, elle a toujours quelque chose à faire, rendre une visite, confier un chiot, vernir un chalet. Rechercher son fils. Et quand la mélancolie de Dalva échoue à se dissoudre sur le macadam ou à se recycler dans l’herbe des prairies, elle fait halte la nuit pour regarder le déhanché de la Voie lactée, descend alors au bord d’un arroyo à sec, allume un feu qui fait fuir un scorpion, dresse un lit de camp, se déshabille, nue, écoute le coyote, observe son corps à la lumière des flammes et se dit : « J’aime profondément la vie, mais rien en moi ne regrette de vieillir ».

La romancière Maylis de Kerangal évoque ainsi sa découverte lumineuse de Dalva, l’une des pièces maîtresses de l’œuvre romanesque de Jim Harrison. Ce grand de la littérature américaine, né en 1937 dans le Michigan, est décédé au mois de mars.

La semaine dernière, j’ai eu le plaisir de parcourir avec vous quelques morceaux choisis de son premier roman autobiographique : Wolf, Mémoires fictifs.

Pour ces retrouvailles, je vous propose cette fois d’aller à la rencontre des femmes qui peuplent ses livres. Il y a Dalva, bien sûr, dont la lecture a marqué plusieurs générations depuis sa sortie en 1988. Mais Jim Harrison ne s’est pas arrêté là ; il suffit pour s’en rendre compte de parcourir les titres de ses romans, et de ses nouvelles : La Femme aux lucioles, paru en 1990, Julip, en 1994, Épouses républicaines, en 2005, La Fille du fermier en 2009…

N’en déplaise aux mauvaises langues, « Big Jim », comme le surnommaient ses amis, a fait la part belle aux héroïnes. Il soulignait lui-même, lors d’un entretien en 2004 : « Quand on traite mon œuvre de machiste, on oublie que toutes les corrections favorables dans l’existence viennent des femmes ». Et d’ajouter : « Il faut avoir une sensibilité féminine ». Si Harrison exprime avec un plaisir évident l’émoi produit par une belle fille, il fait des femmes bien plus que des objets de désir : des âmes fortes, joueuses, et indépendantes. Ce soir, partons à la rencontre de quelques-unes d’entre elles.

Avec les extraits suivants :

  • Exergue : "La Femme Amérique", article de Maylis de Kerangal paru dans Le Monde, 8 avril 2011
  • 1 et 2 : Dalva, traduction française de Brice Matthieussent, éditions Christian Bourgois
  • 3 : Une Vengeance, in Légendes d’automne, traduction française de Serge Lentz, éditions Robert Laffont
  • 4 : Chien Brun, in La Femme aux lucioles, traduction française de Brice Matthieussent, éditions Christian Bourgois
  • 5 : La Femme aux lucioles, traduction française de Brice Matthieussent, éditions Christian Bourgois
  • 6 : Le Vieux Saltimbanque, traduction française de Brice Matthieussent, éditions Flammarion

Brice Matthieussent, traducteur et complice de Jim Harrison, lui a consacré un bel abécédaire : Jim Harrison de A à W, éditions Christian Bourgois. Idéal pour découvrir l’œuvre de "Big Jim" !

Programmation musicale :

  • Cesaria Evora : "Sodade"
  • Tom Waits : "Tom traubert's blues" (Four sheets to the wind in Copenhagen)

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