Immortalisé au cinéma par Luis Buñuel, redécouvrons ce soir le roman de Joseph Kessel, paru en 1929 : "Belle de Jour"

Catherine Deneuve interprète Séverine dans "Belle de jour" de Luis Buñuel
Catherine Deneuve interprète Séverine dans "Belle de jour" de Luis Buñuel © Getty / ullstein bild Dtl.

La peinture d’un monstre ne m’intéresse point, même si elle est parfaite. Ce que j’ai tenté, avec Belle de Jour, c’est de montrer le divorce terrible entre le cœur et la chair, entre un vrai, immense et tendre amour, et l’exigence implacable des sens. Ce conflit, à quelque rares exceptions près, chaque homme, chaque femme qui aime longtemps, le porte en soi. Il est perçu ou non, il déchire ou il sommeille, mais il existe. Le sujet de Belle de Jour n’est pas l’aberration sensuelle de Séverine, c’est son amour pour Pierre, indépendant de cette aberration, et c’est la tragédie de cet amour. Serai-je seul à plaindre Séverine, à l’aimer ? »

Cette déclaration d’amour est signée par un grand écrivain du XXe siècle : il s’agit de Joseph Kessel, l’auteur de Belle de Jour, le roman immortalisé au cinéma par Luis Bunuel. Souvenez-vous… C’était en 1967, il y a tout  juste 50 ans. Le film consacrait une jeune comédienne à l’élégance parfaite, Catherine Deneuve. En face d’elle, un jeune premier au physique tout aussi parfait, Jean Sorel, l’interroge d’une voix inquiète : 

"A quoi penses-tu, Séverine ?  

- Mais à toi, mon chéri", lui répond-t- elle.

A travers cette réplique faussement anodine, c’est toute la morale bourgeoise, avec ses convenances et sa bienséance, qui éclate à l’écran. Car le propos de Buñuel est hors de toute morale ; sa caméra ose montrer ce que le jeune couple n’ose s’avouer : sa sexualité défaillante, la frustration des corps, et, surtout, la force du fantasme, assumée dans sa violence et ses paradoxes.  

Ce soir, redécouvrons cette histoire d’amour passionnel, née de l’imagination de Joseph Kessel.  Si, dans le film de Buñuel, le scénariste Jean-Claude Carrière adapte le livre en le transposant aux années 1960, le roman de Kessel, lui, est publié presque  trente ans plus tôt, en 1929.  Autre époque, autres mœurs, où les maisons closes sont encore légales, mais où la quête du plaisir féminin reste un sujet tabou

Les disques

  • L : « J’accélère »
  • Catherine Deneuve: « Je ne peux vivre sans l’aimer »
  • Benjamin Biolay et Françoise Hardy: « Adieu triste amour » 

Avec les voix de Catherine Deneuve, Joseph Kessel ; et des extraits du film Belle de Jour de Luis Buñuel.

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