Rediffusion

Je jouis d’une prestance physique qui porte sur les nerfs à la plupart des gens. Ma démarche, mes gestes et, plus encore ma voix, contribuent à me faire aimer par les uns et à me faire détester par les autres. Car je suis détesté par beaucoup de personnes – je m’en rends bien compte.

Tel est l’autoportrait plein d’humour que signe l’un des plus grands artistes dramatiques de la première moitié du XXe siècle : Sacha Guitry , qui fut à la fois comédien, auteur de théâtre et cinéaste. Fils du tragédien Lucien Guitry qui fut le partenaire de Sarah Bernhardt, Sacha Guitr y sut très vite se faire un prénom grâce à un talent inimitable de vaudevilliste qui fait de lui l’héritier de Feydeau.

Sacha Guitry
Sacha Guitry © Agence de presse Meurisse

De ses débuts au théâtre à dix-sept ans, à son dernier film, Les trois font la paire , en 1957 – l’année de sa mort -, Sacha Guitry signe, met en scène et interprète pas moins de 124 pièces et 36 films dont la moitié sont des adaptations de ses succès au théâtre : « Faisons un rêve », « Mon père avait raison », « Quadrille »… Sur scène comme à l’écran, Guitry révèle de grands talents : Raimu, Michel Simon, Louis de Funès mais aussi Gaby Morlay, Arletty et Michèle Morgan…

Personnage controversé, on lui reproche de faire du théâtre filmé et du cinéma « vieille France ». En 1945, il est soupçonné de collaboration puis acquitté. Mais on ne lui pardonne pas sa désinvolture politique.

Auteur, en 1915, d’un documentaire patriotique intitulé Ceux de chez nous , où l’on voit Monet, Rodin et Renoir au travail, comment Sacha Guitry a-t-il pu se tromper sur Pétain pendant la Seconde guerre mondiale ? Comment celui qui a toujours refusé de jouer en Allemagne a-t-il pu fréquenter les Allemands pendant l’Occupation ? On sait qu’il obtint ainsi la libération de prisonniers.

Sur le plan personnel, on lui reproche son dandysme et son domjuanisme teinté de mysogynie… Lui qui fut marié 5 fois, on lui doit ce célèbre aphorisme sur les femmes : « on les a dans ses bras, puis un jour sur les bras, et bientôt sur le dos » !

Voilà pour la complexité du personnage qui n’en finit pas de fasciner son public… Mais ce soir, pour cette première émission de l’année 2013, place à la légèreté et à la comédie de mœurs ! Découvrons quelques-unes des pages les plus savoureuses de ce maître du marivaudage moderne… en compagnie de Françoise Lépine

Avec des extraits de :

  • Nono (1905)

  • Mon père avait raison (1919)

  • Faisons un rêve (1916)

  • Mémoires d'un tricheur (1935)
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