A quinze jours jours du lever de rideau, Guillaume Gallienne nous invite à parcourir, en avant-première, quelques pages des œuvres, classiques et contemporaines, qui vont marquer cette 72e édition.

Avignon durant un spectacle de son fameux festival (photo prise en 2017)
Avignon durant un spectacle de son fameux festival (photo prise en 2017) © AFP / Boris Horvat

Extrait de "Pur présent" d'Olivier Py

LE SECRÉTAIRE. (Sylvia Bergé) :

- Que dit votre discours ? Lisez-le-moi ici 

LE RÉVOLTÉ. (Guillaume) :

- « Il est temps pour le peuple de prendre la parole 

Les sans-visage et les sans-droits du monde 

Peuvent ensemble renverser leurs oppresseurs. 

Le profit, la spéculation, le capital et la finance 

Font de nous des esclaves mais ne sont rien sans nous. 

Ne collaborons pas avec ce qui nous tue ;

Partageons les richesses et sauvons la planète. 

Dévaluons le politique, instaurons la révolte 

Universelle et absolue, égalitaire et radicale ! » 

LE SECRÉTAIRE. - Vous l’avez très bien lu, vous êtes un acteur ? 

LE RÉVOLTÉ. - Oui, j’ai joué Shakespeare, mais ça c’est du passé.

LE SECRÉTAIRE. - Je n’en suis pas si sûr, retournez sur les planches ! »

Cette conscience politique, inséparable du goût du jeu, est la signature d’un artiste inclassable, à la personnalité et aux talents flamboyants. Auteur, acteur, metteur en scène, il est, depuis cinq ans, à la tête du « plus grand théâtre du monde », le Festival d’Avignon. Vous aurez reconnu la plume d’Olivier Py.

A l’occasion du prochain Festival, qui se tiendra du 6 au 24 juillet, le dramaturge publie et met en scène un texte engagé, Pur présent, édité chez Actes Sud. C’est avec cette critique de la société de consommation, que le directeur d’Avignon inaugurera une nouvelle scène, La Scierie, située aux portes de la ville.

Bientôt la 72e édition du Festival d'Avignon

Au programme : des spectacles qui abordent de grands enjeux de société : la place des migrants,  l’économie mondiale, le débat sur les genres... avec, comme chaque année, une attention particulière à l’enfance, et ce souci « éthique » de la part d’Olivier Py : comment transmettre aux générations futures,  « un autre désir », « l’ivresse du possible » ? 

Pour m’accompagner dans ces lectures, j’ai le plaisir d’accueillir, à mes côtés, une magnifique comédienne, une amie et collègue de la Comédie-Française, Sylvia Bergé...

Vous entendrez les extraits suivants 

1. et 3. Pur Présent, Olivier Py (éditions Actes-Sud Papiers, 2018) : création à La Scierie, porte des Italiens, du 7 au 22 juillet

2. Thyeste, de Sénèque, traduction Florence Dupont (Actes-Sud) : mise en scène de Thomas Jolly, dans la Cour d'honneur du Palais des Papes, du 6 au 15 juillet

4. Certaines n'avaient jamais vu la mer, de Julie Otsuka (éditions Phébus, 2012, traduction de Carine Chichereau ) : mise en scène de Richard Brunel, au Cloître des Carmes, du 19 au 24 juillet

5. Les choses qui passent, de Louis Couperus (éditions Universitaires, Paris, 1973, traduction S. Roosenburg) : mise en scène de Ivo Van Hove, dans la Cour du Lycée Saint Joseph, du 14 au 22 juillet

6. Le Mot pour dire neige, de Don DeLillo (Actes-Sud Papiers, 2018, traduction d’Adélaïde Pralon) : adaptation et mise en scène des oeuvres de DeLilLo par Julien Gosselin, feuilleton de 8 heures présenté à la Fabrica, du 7 au 13 juillet 

7. Le Genre, texte de Ronan Chéneau, feuilleton théâtral orchestré par David Bobbée, tous les jours à midi au jardin Ceccano

8. Léonie et Noélie, de Nathalie Papin (éditions L'Ecole des Loisirs) : spectacle jeune public, mis en scène par Karelle Prugnaud, à la Chapelle des Pénitents Blancs, du 16 au 23 juillet

9. En conclusion : Correspondance Camus/ Maria Casarès (éditions Gallimard) : lecture par Isabelle Adjani et Lambert Wilson, dans la Cour du Musée Calvet, le 13 juillet 

Bon Festival, bel été !

Avec les voix de :

Maria Casarès Albert  Camus Julie Otsuka Thomas Joly Don deLillo  Olivier Py et  Ivo van Hove

(archives INA:  Gwen Michel) 

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