Grand admirateur du « Faust" de Goethe et de "La Symphonie Fantastique" de Berlioz , Boulgakov livre, avec ce roman, une réécriture contemporaine du mythe de Faust, transposée dans la Moscou stalinienne des années 1930.

Elle portait un bouquet d’abominables, d’inquiétantes fleurs jaunes. Le diable sait comment elles s’appellent, mais je ne sais pourquoi, ce sont toujours les premières que l’on voit à Moscou. Et ces fleurs se détachaient avec une singulière netteté sur son léger manteau noir. Elle portait des fleurs jaunes ! Vilaine couleur. Elle allait quitter le boulevard de Tver pour prendre une petite rue, quand elle se retourna. Vous connaissez le boulevard de Tver, n’est-ce pas ? Des milliers de gens y circulaient, mais je vous jure que c’est sur moi, sur moi seul, que son regard se posa – un regard anxieux, plus qu’anxieux même – comme noyé de douleur. Et je fus moins frappé par sa beauté que par l’étrange, l’inconcevable solitude qui se lisait dans ses yeux ! L’idée que je devais absolument lui parler me tourmentait, car j’avais l’angoissante impression que je serais incapable de proférer une parole, et qu’elle allait disparaître, et que je ne la verrais plus jamais.

Commencée en 1928, l’écrivain voit son œuvre menacée par la censure soviétique et brûle son premier manuscrit en 1930. Pendant dix ans, il en reprend la rédaction, notant dans son Journal

Seigneur, aide-moi à terminer mon roman ! 

Ce n’est qu’en 1940, quelques mois avant sa mort, qu’il achève ce qu’il appelle « son roman sur le diable ». Publié dans une version censurée en 1966, le texte intégral ne sera publié qu’en 1973.

Grand admirateur du Faust, de Goethe, et de La Symphonie Fantastique, de Berlioz, Boulgakov livre en effet, avec ce roman, une réécriture contemporaine du mythe de Faust, transposée dans la Moscou stalinienne des années 1930 : pour retrouver l’homme qu’elle aime, un écrivain maudit, auteur d’une biographie inachevée de Ponce Pilate, Marguerite accepte de livrer son âme au diable.

Extraits bibliographiques

Extraits du roman, Le Maître et Marguerite, dans la traduction française de Claude Ligny, éditions Robert Laffont, datant de 1968 :

  1. Chapitre 1 : Ne parlez pas à des inconnus

  2. Chapitre 12 : La magie noire et ses secrets révélés

  3. Chapitre 20 : La crème d’Azazello

  4. Chapitre 32 : Grâce et repos éternel

Archives INA

  • Avec les voix de l’écrivain, Jean-Claude Carrière, et des metteurs en scène, Alexander Petrovic et Simon McBurney.

La musique

  • Charles Trenet - La Java du Diable
  • Hector Berlioz - La Damnation de Faust, et L’Air de Marguerite, par la mezzo-soprano lettone, Elina Garanca.
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