Ce soir, un rendez-vous exceptionnel avec une star et grande lectrice, Isabelle Adjani, qui a choisi d'incarner une femme libre et amoureuse : il s’agit de Molly, l’épouse infidèle, dans "Ulysse", le chef d’œuvre de l’écrivain irlandais, James Joyce

L'actrice Isabelle Adjani à son arrivée pour la projection du film "La Belle Epoque" à la 72e édition du Festival de Cannes le 20 mai 2019.
L'actrice Isabelle Adjani à son arrivée pour la projection du film "La Belle Epoque" à la 72e édition du Festival de Cannes le 20 mai 2019. © AFP / Alberto PIZZOLI

Les yeux, la peau, la voix, le corps, enfin, qui animent le jeu de l’actrice m’amènent à une question plus brutale : pourquoi je suis de ceux qui aiment Adjani ? J’aurais envie de répondre : parce que j’aime Goethe, Flaubert, Dostoïevski, Edgar Poe. Parce que j’aime les passions terribles, la chasteté enflammée, parce que ces hommes ont imaginé, décrit des femmes qui pourraient être elle. (...) Et chaque fois, elle donne corps, successivement, à Charlotte, à Nastassia Philipovna, à Salammbô, et elle ne déçoit jamais l’écriture. 

C’est à l’écrivain Hervé Guibert que j’emprunte ces mots sublimes, pour saluer et rendre hommage à mon invitée : une magnifique actrice, éblouissante d’intelligence, de passion et de mystère  :  Isabelle Adjani. 

Grande lectrice, Isabelle Adjani a choisi, ce soir, d’incarner un personnage qui lui ressemble, une femme libre et amoureuse, qui assume ses contradictions et la violence de ses désirs : il s’agit de Molly, l’épouse infidèle, dans Ulysse, le chef d’œuvre de l’écrivain irlandais, James Joyce.

Paru aux Etats-Unis en 1918, ce roman est jugé obscène et censuré jusqu’en 1934. L’histoire se déroule en une seule journée, le 16 juin 1904, au cours de laquelle Leopold Bloom, un modeste employé d’une quarantaine d’années, déambule dans les rues de Dublin, au gré de ses fantasmes. Après avoir assisté à l’enterrement d’un ami, il reprend goût à la vie et à ses promesses d’amour. Il se rend d’abord au musée, pour y admirer les corps parfaits des statues grecques. Plus tard, dans l’après-midi, il se rend dans une maison close, où il a ses habitudes.

Tel l’Ulysse des temps modernes, Leopold tente de résister à l’appel des sirènes. Mais la plus belle d’entre elles reste sa femme, Molly. Comme le héros grec, il sera, au soir de ses aventures, de retour à son foyer...

Extraits de la traduction dirigée par Jacques Aubert, Folio Gallimard, 2013.

Références musicales :

Jack Harris, Molly bloom

Jacques Higelin et Isabelle Adjani, Je ne peux plus dire je t'aime 

Georg Friedrich Haendel,  Il trionfo del tempo e del disinganno, HWV 46a : Se la bellezza (Acte I) Air de la Désillusion, par Concerto Italiano

L'équipe
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.