Sculpture du Marquis de Sade au Château Lacoste dans le Luberon
Sculpture du Marquis de Sade au Château Lacoste dans le Luberon © corbis / Chris Hellier

Lecteur, joie, salut et santé, disaient autrefois nos bons aïeux après avoir fini leur conte. Pourquoi craindre d’imiter leur politesse et leur franchise ? Je dirai donc comme eux : lecteur, salut, richesse et plaisir ; si mes bavardages t’en ont donné, place-moi dans un joli coin de ton cabinet ; si je t’ai ennuyé, reçois mes excuses et jette-moi au feu.

Ces quelques lignes ont été écrites par le plus célèbre des libertins, un romancier qui s’est donné comme seule règle dans la vie de justement ne pas en avoir : le marquis de Sade.

Critiqué, interdit, oublié : le « divin marquis » a longtemps dérangé et fut redécouvert sur le tard, à la fin du XIXème siècle, par des écrivains admiratifs. Flaubert, Baudelaire ou encore Huysmans l’ont lu avec ardeur, et plus tard Apollinaire aura même cette phrase : « Sade est l’un des esprits les plus libres qui ait existé ».

Cette liberté, il l’a payée cher en passant plus de trente ans derrière les barreaux – au fort de Vincennes, à la Bastille, puis dans l’asile de Charenton, où il meurt en 1814.

Connu pour ses frasques, ses parties de débauches et ses ouvrages scandaleux, Sade n’a jamais voulu faire de compromis.

Toute sa vie, il s’est illustré comme un homme n’ayant peur de rien, cherchant le risque, et bravant l’interdit. Qu’importe si ses livres choquent, voici ce qu’il répond à ses détracteurs : « Je ne m’adresse qu’à des gens capables de m’entendre, et ceux-là me liront sans danger »…

Ce soir, je vous propose donc de nous laisser bercer par les « plaisirs de l’imagination » sadienne… Nous allons parcourir certains des textes les plus célèbres du marquis : La philosophie dans le boudoir , Les Cent Vingt journées de Sodome , Justine évidemment, mais aussi les nombreuses lettres qu’il a écrites quand il était prisonnier.

Avec des extraits des Oeuvres , collection de La Pléiade, Gallimard ( 1990-1998) :

1.La Philosophie dans le boudoir (1795)

  1. La nouvelle Justine (1800)

  2. Lettres à sa femme, Renée Pélagie(1777-1799)

  3. Les Cent Vingt journées de Sodome (1785)

  4. En conclusion : la profession de foi de Sade

Avec les voix de Annie Le Brun, Jean-Jacques Pauvert (Archives INA)

Programmation musicale :

M : « Madame rêve »

Claire Diterzi : « Mes bonnes sœurs »

Evénement(s) lié(s)

Sade au Musée d'Orsay

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.