L'infatigable René de Obaldia célébrait en octobre ses cent ans. Découvrons quelques extraits de son œuvre, entre récit autobiographique, roman, théâtre et poésie. Un univers savoureux qui balance entre la farce et la métaphysique...

"Puisque le monde est fou, rions-en" semble nous dire l'immense auteur René de Obaldia
"Puisque le monde est fou, rions-en" semble nous dire l'immense auteur René de Obaldia © Getty

Extrait de "Exobiographie" de René de Obaldia

"Dès mon plus jeune âge, je me suis interrogé sur la manière dont "la Dame à la Faulx" viendrait à ma rencontre. Par quel détour, quel stratagème, au cours de quel rendez-vous galant, la dame enveloppée de sa vaste houppelande de nuit, me lancera-t-elle, de ses orbites creuses, une œillade ? Maladie ? Accident ? Suicide ? Mille scénarios me traversent l’esprit. Et si je mourais de ma belle mort ? Si tout simplement, je m’éteignais ? Imaginons : Tout va très vite. Je m’allège. Comme si j’étais « aspiré » par le haut. La mer s’est retirée à l’autre bout du monde. D’où vient cette lumière qui n’est pas d’ici, qui gagne en intensité ?  Mon cœur bondit d’allégresse dans ma poitrine, une excitation inouïe s’empare de moi : je vais faire la connaissance de mon ange-gardien !"

C’est avec ces mots que René de Obaldia, romancier, poète, académicien et dramaturge imaginait sa fin et concluait sa savoureuse Exobiographie, parue chez Grasset, comme l’ensemble de son œuvre. 

René de Obaldia, entre farce et métaphysique

Né à Hongkong en 1918 d’un père consul du Panama et d’une mère française, René de Obaldia, à qui l’on promettait 48 heures de vie, tant sa santé semblait fragile, fêtait en octobre dernier ses cent ans. À sa vingtaine, il est incorporé dans l’armée française et bientôt détenu par les Allemands pendant quatre ans. Cette expérience précoce de la cruauté le porte à s’interroger tout au long de sa vie sur la condition humaine. C’est à la Libération qu’il prend la plume en tant que parolier pour Luis Mariano avant de collaborer à diverses revues littéraires. Mais son talent se déploie bientôt à travers le roman, la poésie et bien entendu le théâtre qui lui vaut d’être connu dans le monde entier.

René de Obaldia regarde le monde avec un perpétuel sentiment d’étonnement et, une certaine inquiétude. Face à la tragédie de l’existence, son univers balance entre la farce et la métaphysique… mais c’est l’humour qui a souvent le dernier mot. Un humour salvateur qui flirte avec l’absurde. Puisque le monde est fou, rions-en ! nous suggère-il…

Références

Vous pourrez entendre des extraits de :

  • Exobiographie, paru en 1992 aux éditions Grasset
  • Les Innocentines (recueil de 70 poèmes "pour enfants et quelques adultes " paru en 1969)
  • Tamerlan des cœurs, roman, paru en 1954
  • Et les pièces de théâtres : Du vent dans les branches de sassafras,L'azote, L’air du large, Genousie.

Les archives de l' I.N.A.

  • "Le rire est chez moi libérateur, (citant Miguel de Unamuno) j'ai le sentiment tragique de la vie" : For intérieur 04/11/2001 Olivier Germain-Thomas
  • "Je suis né en Chine d'un père panaméen et d'une mère française , cela m'a donné un sentiment d’étrangeté, je me sens étranger à ma propre existence" : For intérieur 04/11/2001 Olivier Germain-Thomas
  • "J'ai passé quatre ans au stalag, quatre années assez irréelles" : Images et visages du théâtre d'aujourd'hui -1967 Moussa Abadi
  • "La guerre , ça apprend ce que c'est que  l'homme nu" :  Le Grand Atelier de Vincent Josse du 17/09/2011 
  • "Toute œuvre doit être une exaltation, elle doit alléger… j'aimerais que le public ressorte de mes spectacles en ayant pris du plaisir... aujourd’hui la notion de plaisir est suspecte" : Radioscopie de Jacques Chancel du 17/11/1971
  • Le retour de Michel Simon sur scène dans sa pièce Du vent dans les branches de sassafras : Hors champs 21/01/2010
  • Sa pièce Genousie : Inter actualités  25/09/1960

La playlist de l'émission

  • Philippe Katerine : Chanson des jours bénis
  • Julos Beaucarne : Antoinette et moi
  • Hélène Martin : Berceuse de l'enfant qui ne veut pas grandir

Pour en savoir plus

Vous pouvez consulter la publication de Nadja Viet, René de Obaldia, le poète de cent ans.

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