À l'occasion de la création de sa pièce la plus célèbre, "J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne", dans une mise en scène de Chloé Dabert au Théâtre du Vieux-colombier, découvrons la personnalité cachée de Jean-Luc Lagarce...

Plongeons dans les écrits intimes de Jean-Luc Lagarce
Plongeons dans les écrits intimes de Jean-Luc Lagarce © Getty / Thomas M. Scheer / EyeEm

« Admettre l’idée toute simple, et très apaisante, très joyeuse, c’est ça que je veux dire, très joyeuse, oui, l’idée que je reviendrai, que j’aurai une vie après celle-là où je serai le même, où j’aurai plus de charme, où je marcherai dans les rues la nuit avec plus d’assurance encore que par le passé, où je serai un homme très libre et très heureux . L’idée souvent, machinale, presque dite à voix haute : « je ferai ça quand je reviendrai »

C’est à une plongée dans les écrits intimes de Jean-Luc Lagarce que je vous convie ce soir.

Jean-Luc Lagarce est un des auteurs contemporains aujourd’hui les plus joués sur les scènes de théâtre françaises. Il aurait eu 60 ans cette année. Mais n’en avait que 38 et était encore méconnu lorsqu’il est mort en 1995. 

Enfant du Pays de Montbéliard, comédien, metteur en scène, chef de troupe, il a écrit 28 pièces de théâtre, mais aussi trois récits autobiographiques, divers articles, et un magnifique Journal, scrupuleusement tenu dès ses 20 ans. Sans compter les nombreuses lettres adressées à ses amis, amants et protecteurs. Ainsi qu’un portrait video. Autant de supports pour un homme qui était sans doute habité, non pas tant par un désir de littérature que par une nécessité vitale d’écrire. 

Il s’installe à Paris aux abords de la trentaine, et meurt du sida juste avant 40 ans. Consignant les étapes de sa propre disparition, il n’a cessé de vouloir retenir le temps, la vie, sans aucune complaisance.

Ce faisant, il a su capter l’époque, déroulant un instantané de la France et d’une génération.

D’une lucidité extrême, son écriture est aux antipodes de toute sentimentalité. Elle est portée par un souffle vibrant, maintenant en équilibre la certitude de sa mort prochaine et un désir de vie intense; le sentiment d’apaisement, de joie et une inquiétude terrifiante. 

Je reviendrai avait-il prévenu en 1993 dans le récit dont nous venons d’entendre un extrait. L’adaptation à l’écran de sa pièce Juste la fin du monde, par le réalisateur Xavier Dolan a récemment contribué à populariser l’écrivain qu’il était.

Revenons-nous aussi sur ses traces, « retraversons son monde », guidés par le flux et le reflux de ses mots (de cet auteur devenu un classique).

Tous ses textes sont aujourd’hui édités par la maison d’édition qu’il avait fondée,  Les Solitaires Intempestifs.  

Une émission préparée par Perrine Malinge.

La programmation musicale

RADIOHEAD, « Sail to the moon »

M, « Le Radeau"

Les extraits sonores:

MARDIS DU THEATRE MEGAPHONIE  05/09/1995 -Lucien Attoun 

L'Humeur vagabonde  24/02/2004- Kathleen Evin 

Juste La Fin Du Monde  un film  de  Xavier Dolan

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