Le grand cinéaste suédois aurait eu cent ans cette année. Découvrons le regard qu'il porte sur sa vie et sa carrière, marquée par l'héritage de Fellini : "filmer, c'est vivre"...

Ingmar Bergman, metteur en scène, scénariste et réalisateur dans les années 70.
Ingmar Bergman, metteur en scène, scénariste et réalisateur dans les années 70. © Getty / Mondadori Portfolio

Extrait de "Laterna magica" :

Il y avait un an que j’étais allé au cinéma pour la première fois et que j’avais vu un film qui parlait d’un cheval, Black Beauty. Il passait au cinéma Sture. Nous étions installés à la corbeille, au premier rang. C’est alors que pour moi tout a commencé. J’ai attrapé une fièvre qui dure encore. Les ombres silencieuses tournent leurs pâles visages vers moi, de leurs voix inaudibles elles parlent à mes sentiments les plus secrets.  Soixante ans ont passé, rien n’a changé, toujours la même fièvre.

Ingmar Bergman - ou la mise en scène de l’intériorité de l’âme

Ce souvenir ému est celui d’un grand cinéaste qui a révolutionné le 7ème art, Ingmar Bergman. Né en 1918 à Uppsala, en Suède, mort en 2007, à l’âge de 87 ans, sur son île mythique de Faro, le réalisateur a tourné plus de 40 films,  et signé des chefs d’œuvre comme Le Septième Sceau, Les Fraises sauvages, Persona, Cris et chuchotements, Fanny et Alexandre.

À l’occasion du centenaire de sa naissance, la Cinémathèque Française rend actuellement hommage au cinéaste, à travers une rétrospective qui se clôturera, le 11 novembre prochain, par la projection de l’un de ses plus célèbres films, Scènes de la vie conjugale

Cinéaste et homme de théâtre, Ingmar Bergman ne cesse d’interroger, sur scène comme à l’écran, les limites de la représentation. Inspiré par son maître à penser, son compatriote August Strindberg, il fait de l’intériorité de l’âme son sujet de prédilection. Metteur en scène et directeur de théâtre, Bergman a, tout au long de sa vie, monté plusieurs fois la même pièce de Strindberg, Le Songe, une œuvre profonde et exigeante, qui explore les souffrances de  la condition humaine, et aborde la question de la faute originelle et de la rédemption.

Fils d’un pasteur luthérien, éduqué dans une très grande rigueur protestante, Bergman projette dans son cinéma toutes les ombres de l’enfance : la peur du péché, les mystères de l’amour et de la mort, la compassion comme seule consolation. 

Ce soir, pour mieux comprendre l’univers tourmenté et sublime de ses films, je vous invite à entrer dans l’intimité du grand artiste, à travers la lecture de son autobiographie : Laterna magica, parue en 1987 (éditions Gallimard). 

Écoutons cette passionnante leçon de cinéma, qui est aussi une belle leçon de vie...

Nous parcourrons la traduction de Carl Gustav Bjurström et Lucie Albertini, aux éditions Gallimard. 

Programmation musicale :

  • Neneh Cherry – "Synchronised devotion"

  • Giovanni Battista Pergolesi – "Stabat Mater"

  • Avec des extraits de "Sonate d'automne"et  "Fanny et Alexandre" 

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