Découvrons ce texte essentiel de la littérature grecque contemporaine, véritable ode à la vie et à la liberté, signé Nikos Kazantzaki.

Image du film "Zorba le grec" de Michael Cacoyannis avec Anthony Quinn et Alan Bates.
Image du film "Zorba le grec" de Michael Cacoyannis avec Anthony Quinn et Alan Bates. © Solaris Distribution

J’avais vingt ans. À une fête de mon village, là-bas, au pied de l’Olympe, quand j’ai entendu pour la première fois jouer du santouri. J’en ai eu le souffle coupé. Pendant trois jours, je n’ai rien pu avaler. Depuis que j’ai appris à jouer du santouri, je suis devenu un autre homme. Quand j’ai le cafard ou que je suis dans la mouise, je joue du santouri et je me sens plus léger. Et quand je joue, inutile de me parler,  je n’entends rien et même si j’entends, je ne peux plus parler… Eh ! la passion quoi ! 

De passion et de sensualité il est en effet souvent question dans Alexis Zorba, très beau roman signé Nikos Kazantzaki.

En chemin, ce jeune intellectuel fait une rencontre décisive, celle d’un vieux marin à la faconde inimitable : Zorba.  Immortalisé au cinéma par le charismatique Antony Queen, notre héros est « un primitif qui fait craquer l’écorce de la vie » comme le dit l’auteur,  un jouisseur qui vit tout avec intensité. Mais Zorba est aussi un personnage pétri de paradoxes, tendre et brutal, exalté et amer. Réunis pour une aventure de quelques mois, ces deux hommes que tout oppose, vont se lier d’amitié tout en confrontant leurs visions respectives de la vie. Disciple de Bergson, adepte de la connaissance empirique, l’auteur interroge également ici, la tension entre le désir de vivre et celui d’écrire.

Poète essayiste, philosophe, traducteur et romancier, Nikos Kazantzaki est l’une des figures majeures de la littérature grecque contemporaine. Né en 1883 dans un petit village crétois, il grandit dans un monde étriqué dont il épingle les archaïsmes, avant de partir arpenter la planète. Il s’éteint en Allemagne en 1957.

Écrit à presque soixante ans, Alexis Zorba, premier roman de l’auteur, est un texte d’une incroyable vitalité où l’on chante la beauté sauvage de la Crète. Les maisons embaument le feu de bois, la sauge, l’huile d’olive, et le raki fraîchement distillé. On y célèbre, enfin la soif de vivre et l’amour de la liberté : condition sine qua non du bonheur.

Le texte proposé dans la traduction d’Yvonne Gauthier, a paru chez Plon.

La playlist de l'émission :

  • ELISA VELLIA : Apano stin triandafilia
  • HARIS ALEXIOUS : Midnight
  • MELINA MERCOURI : Zorba

Les archives et extraits sonores:

  • Extraits du film "Zorba le Grec" réalisé par Michael Cacoyannis (1964) 
  • Entretien : Pierre Sipriot (archive Ina- 25/05/1957 - ) Nikos Kazantzaki
  • "Enfant, les turcs possédaient la Crète ma patrie, les deux principes du bien et du mal se dressaient devant mes yeux d’enfant en chair et en os ce fut la semence d'où est sortie toute mon oeuvre" .
  • Entretien : Robert SADOUL (archive Ina - 1954 -) Nikos Kazantzaki : "J'ai connu Zorba, c'était un homme génial, il a dit des choses les plus profonds, et les plus belles que j’ai jamais entendues." / "Je lutte contre les intellectuels, car au-dessus de l’intellect, il y a le jaillissement spontané de l’âme qui ne  peut être contenue par des formes logiques intellectuelles".
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